Younès, le petit frère d'Abaaoud, cerveau présumé des attentats de Paris, aurait quitté la Syrie

TERRORISME Depuis plus de deux ans, Younès Abaaoud, qui aurait accompagné son frère Abdelhamid en Syrie en 2014, fait l’objet d’un suivi par l’anti-terrorisme belge…

Clémence Apetogbor
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Photo non datée postée sur Facebook de Younès Abaaoud.
Photo non datée postée sur Facebook de Younès Abaaoud. — DR

Le jeune frère d’Abdelhamid Abaaoud, Younès, aurait quitté la Syrie, selon une note d’Interpol, consultée par Paris Match.

C’est un échange téléphonique avec sa soeur Yasmina qui a alerté les services européens, alors que le jeune djihadiste pourrait vouloir rejoindre l’Europe.

Un « mineur dangereux »

« J’arrive ici à 10 heures », dit l’adolescent de 15 ans à sa soeur, qui vit en Belgique. Ces quatre mots ont été prononcés le 18 février dernier, selon une note d’Interpol consultée par le magazine. Quatre mots qui ont mis les services de renseignement en alerte.

Depuis plus de deux ans, le benjamin de la fratrie Abaaoud, qui aurait accompagné son frère Abdelhamid en Syrie en 2014, fait l’objet d’un suivi par l’anti-terrorisme belge.

Les enquêteurs belges parviennent à localiser l’appel émis en février dernier par le djihadiste de 15 ans en Arabie Saoudite, où il serait « probablement en compagnie d’autres personnes non identifiées ».

Un projet de vengeance ?

C’est depuis Djeddah, précisément, qu’il joint sa soeur. La note des services européens, diffusée quelques heures après ce coup de fil, décrit Younès comme un « terroriste », « tueur », « guerrier-djihadiste ». Il est signalé comme un « mineur disparu », « dangereux », « à arrêter et mettre en détention aussitôt », précise le document.

Younes n’a que 13 ans lorsque son frère Abdelhamid vient le chercher à l’école à Molenbeek pour l’emmener en Syrie, en janvier 2014. Les deux frères y intègrent la Katiba Al-Battar (Epée des prophètes) menée par des Libyens, souligne Paris Match.

En décembre 2015, un message est mis en ligne sur Facebook par un homme présenté comme un soutien de Daesh par les médias belges. Il affirme que Younès Abaaoud a pour projet de venger son aîné. « Abu Omar al-Soussi (le surnom d’Abdelhamid Abaaoud) est mort en martyr, mais son frère est toujours en vie. Nous sommes en route vers vous, adorateurs de la croix », pouvait-on lire dans le message accompagné d’une photo de Younès.

Les autorités françaises prudentes

Ce message a été pris au sérieux par les autorités. Une photo récente est jointe à la note d’Interpol du 18 février, qui prévient du risque « qu’il ait changé son aspect physique et voyage avec de faux papiers d’identité ». Dans leur note, les enquêteurs indiquent que le jeune homme pourrait prendre un avion « pour n’importe quelle destination en Turquie, au Maroc ou en Europe ».

Le Ministère de l’Intérieur, contacté par Paris Match, dément, de son côté, avoir eu connaissance de cette note. Toutefois, « s’il est rentré en Europe et qu’il se promène avec une fausse identité, c’est difficile pour nous de le retrouver », a rappelé un enquêteur européen.