Loi travail: Valls reçoit les organisations de la jeunesse pour contenir la colère

CONTESTATION Cette rencontre pourrait mettre sur la table des mesures « concrètes » pour favoriser l’insertion des jeunes et tenter de contenir la contestation...

Clémence Apetogbor
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Le Premier ministre Manuel Valls à Alger le 10 avril 2016
Le Premier ministre Manuel Valls à Alger le 10 avril 2016 — Farouk Batiche AFP

Les organisations d’étudiants et de lycéens vont être reçues ce lundi par Manuel Valls, deux jours après de nouvelles manifestations contre la loi travail un peu partout en France. Cette rencontre pourrait mettre sur la table des mesures « concrètes » pour favoriser l’insertion des jeunes et tenter de contenir la contestation.

Huit organisations de jeunesse sont conviées à 11h00 à Matignon, dont les trois qui font partie de l’intersyndicale mobilisée contre le projet de loi depuis plus d’un mois - l’Unef (étudiants), l’UNL et la FIDL (lycéens).

Rendez-vous programmé

Ce rendez-vous avait été acté dès la journée de mobilisation du 31 mars contre le texte porté par la ministre du Travail Myriam El Khomri. Le Premier ministre s’était dit alors « prêt à regarder » certaines propositions de l’Unef pour « améliorer l’ensemble des politiques publiques vers la jeunesse ».

Le syndicat étudiant demande notamment l'« accès à un emploi stable » et « aux droits sociaux ». Le RSA (revenu de solidarité active) n’étant pas accessible aux moins de 25 ans, le premier syndicat étudiant plaide pour que les bourses étudiantes continuent à être versées entre la fin du diplôme et l’accès à la vie professionnelle. L’organisation veut également une augmentation du nombre de places de formation professionnelle et l’amélioration des conditions de vie et de travail des apprentis.

Les représentants des jeunes ont rencontré mercredi la ministre de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur Najat Vallaud-Belkacem, son collègue chargé de la Jeunesse Patrick Kanner et Myriam El Khomri. Arrivé à la rencontre avec « des contre-propositions », le président de l’Unef William Martinet estimait à la sortie avoir été « écouté », malgré un « désaccord » persistant sur la réforme du code du travail.

Plusieurs scénarios étudiés

« Les choses avancent positivement depuis mercredi. L’Unef est sortie de la réunion en estimant que le dialogue était renoué, et la tendance s’est confirmée depuis », a fait savoir une source proche du gouvernement.

Sur la base des revendications des organisations de jeunesse, « des scénarios ont été étudiés, certains ont été retenus », a ajouté cette source, assurant, dans l’attente des derniers « arbitrages », que « de l’argent sera mis sur la table pour financer tout ça, (…) il devrait y avoir des choses assez concrètes et précises ».

Du côté de l’Unef, on ne désarme pas, même si les manifestations de samedi ont été marquées par une affluence en baisse et troublées par les violences (120.000 manifestants dans toute la France selon les autorités, contre 390.000 le 31 mars).

Les jeunes solidaires des salariés

« Après plus d’un mois de mobilisation, six journées de manifestations et un soutien de l’opinion publique, et notamment des jeunes, qui est très fort, il est temps que le gouvernement entende nos revendications », a affirmé William Martinet.

« Si le gouvernement ne bouge pas sur la loi travail, on restera solidaires de la mobilisation des salariés », avec en ligne de mire le 28 avril, prochaine journée de manifestations, a-t-il prévenu

Le rendez-vous de ce lundi est stratégique pour le gouvernement alors que les organisations de jeunesse, parfois débordées par des coordinations plus spontanées, sont très actives dans la mobilisation, dans la rue et via des blocages de lycées ou de facs, avec des risques d’incidents.