Sevran: Onze jeunes condamnés pour le viol collectif d'une adolescente de 16 ans

JUSTICE L'avocat général avait requis entre deux et dix ans de prison ferme à l’issue de ce procès qui se déroulait à huis clos depuis le 30 mars …

Claire Planchard

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Le tribunal de Bobigny, en manque de moyens, est au bord de l'explosion.
Le tribunal de Bobigny, en manque de moyens, est au bord de l'explosion. — SIMON ISABELLE/SIPA

Le verdict est tombé dans la nuit de vendredi à samedi. La cour d’assises des mineurs de Seine-Saint-Denis a condamné onze jeunes à des peines allant jusqu’à six ans de prison pour le viol en réunion d’une jeune fille de 16 ans en 2013 à Sevran. Deux d’entre eux, qui comparaissaient libres, ont été incarcérés à l’issue du procès.

Deux acquittements

Deux autres accusés, poursuivis pour complicité de viol, ont été acquittés, conformément aux réquisitions du parquet.

Un quatorzième jeune, jugé à leurs côtés pour avoir menacé la jeune fille sur Twitter de lui « crever les yeux » si elle ne retirait pas sa plainte, a été condamné à trois mois de prison avec sursis.

Dans la même affaire, deux autres jeunes, âgés de moins de 16 ans au moment des faits, avaient été condamnés à six ans de prison (dont deux et quatre ans de sursis) en juillet par le tribunal pour enfants de Bobigny.

Guet-apens

Le 7 décembre 2013, une jeune fille de 16 ans se fait voler son portable en bas d’un HLM de la cité Rougemont à Sevran, en Seine-Saint-Denis, par des individus cagoulés. Trois jeunes qu’elle connaît lui proposent de l’aider à le récupérer.

Elle les suit jusque dans un appartement squatté où elle est alors violée une première fois, avant d’être conduite dans une cage d’escalier où une dizaine de jeunes attendent leur tour pour la forcer à une fellation ou à un rapport sexuel.

La jeune fille avait porté plainte le lendemain. Admettant avoir, deux ans auparavant, consenti des fellations à certains de ses agresseurs pour récupérer son portable volé, elle s’en voulait d’être tombée deux fois dans le même piège.

Pendant l’enquête, les suspects avaient allégué que la victime était consentante, mais l’analyse du contenu des appels échangés entre les membres de la bande avait permis d’établir qu’un piège lui avait bien été tendu. Ainsi, l’information selon laquelle une fille « tournait » dans la cité avait rapidement circulé.