Les radars embarqués bientôt sous-traités à des sociétés privées

SECURITE ROUTIERE Le mesure ne devrait pas conduire à une multiplication d’amendes pour les conducteurs, comme certains le craignent, assure le délégué interministériel à la sécurité routière...

M.P.

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Cent radars mobiles embarqués de nouvelle génération, qui flashent les excès de vitesse en roulant, seront déployés au total d'ici à la fin décembre, a annoncé le délégué interministériel à la Sécurité routière Frédéric Péchenard.
Cent radars mobiles embarqués de nouvelle génération, qui flashent les excès de vitesse en roulant, seront déployés au total d'ici à la fin décembre, a annoncé le délégué interministériel à la Sécurité routière Frédéric Péchenard. — Nicolas Tucat AFP

Bientôt, des sociétés privées s’occuperontde gérer les radars embarqués. Ce dispositif sera expérimenté « à partir de fin août », avant une probable généralisation en janvier 2017. Et le délégué interministériel à la sécurité routière tente bien de rassurer les automobilistes : le gouvernement va externaliser le pilotage des voitures équipées des radars embarqués, et non privatiser les contrôles de vitesse. Cela ne signifiera pas une multiplication d’amendes pour les conducteurs, comme certains le craignent, précise le délégué interministériel Emmanuel Barbe.

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« La rétribution de ces prestataires agréés ne dépendra pas du nombre d’amendes. C’est la voiture et elle seule qui procédera comme aujourd’hui au contrôle automatique de la vitesse, et l’analyse du flash continuera à être effectuée par un officier de police judiciaire basé à Rennes au centre de traitement automatisé des infractions », explique Emmanuel Barbe.

« Cette externalisation est avant tout une bonne gestion des deniers publics. On privatise juste l’action de bouger la voiture, avec un chauffeur qui va se promener avec ce radar. On va dire avant au chauffeur par où il doit passer et après vérifier qu’il l’a bien fait. On contrôlera tout ce qu’il va faire dans le cadre d’un marché public », ajoute le délégué interministériel.

Le parc des 319 voitures équipées de radars mobiles nouvelle génération (RMNG) sera par ailleurs porté à 440 d’ici à deux ans.

Plus d’un million et demi de personnes flashées en 2015

De fait, la présidente de la Ligue contre la violence routière trouve que c’est une bonne nouvelle. Car « faute d’effectifs suffisants, ces voitures radars circulent aujourd’hui à pleine plus d’une heure par jour et nous avons été les premiers à réclamer cette mesure de sous-traitance », assure la présidente de l’association, Chantal Perrichon.

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Le « marché » du radar embarqué est en tout cas prometteur : avec 319 voitures-radars, plus d’un million et demi d’automobilistes ont été flashés. Et les automobilistes craignent que le recours à la sous-traitance de sociétés privées ne fasse encore exploser ce chiffre. Selon un sondage Harris Interactive commandé par 40 millions d’automobilistes et publié par Le Parisien : 83 % des sondés se disent opposés à cette réforme. Et 76 % craignent que les sociétés privées aient pour objectif d’augmenter le nombre de contraventions.