Education: Najat Vallaud Belkacem souhaite un nouveau cadre pour les «écoles confessionnelles hors contrat»

RADICALISATION La ministre de l’Education veut notamment mieux contrôler les écoles confessionnelles hors contrat dans un contexte de « radicalisation »…

20 Minutes avec AFP
— 
La ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem
La ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem — PATRICK KOVARIK / AFP

La ministre de l’Education Najat Vallaud-Belkacem a attiré l’attention sur les écoles hors contrat, notamment celles qui sont confessionnelles. Dans un contexte de risques de radicalisation, le ministère de l’Education a dit sur France 2 mercredi envisager de changer le système d’ouverture des établissements hors contrat, pour passer de la nécessité d’une simple déclaration à une autorisation nécessaire a priori.

« Je suis en train de réfléchir actuellement sur ce sujet, car je me demande si n’est pas venu le temps, compte tenu des risques de radicalisation auxquels nous sommes confrontés, de passer peut-être d’un système de simple déclaration (…. ) à un système de contrôle a priori, c’est-à-dire d’autorisation. Nous sommes en train de travailler sur ce chantier-là », a-t-elle déclaré.

>> A lire aussi : Une vingtaine d'établissements privés hors contrat contrôlés

Inquiétude

« Il faut lever le voile, ne plus en faire un secteur confidentiel, un angle mort », affirme la ministre, rapporte Le Monde. La rue de Grenelle a indiqué fin 2015 que des contrôles renforcés, décidés en novembre 2014, avant les attentats de Charlie Hebdo, avaient démarré en novembre et devaient se poursuivre jusqu’à fin janvier dans une vingtaine d’établissements scolaires hors contrat avec l’Éducation nationale, notamment pour prévenir la radicalisation.

Après la publication d’une circulaire à l’été 2015, ces contrôles plus cadrés ont démarré à l’automne dernier, autour de deux axes. Les écoles hors contrat ne doivent présenter « rien de contraire à la République et au respect des lois ». Et leur enseignement --qui peut différer des programmes officiels suivis dans le public ou le privé sous contrat-- doit permettre aux enfants d’atteindre le socle commun de connaissances. Contrairement aux inspections « classiques », ces écoles n’étaient pas prévenues de la venue des inspecteurs, qui pouvaient être jusqu’à six ou sept pour un seul établissement. Les écoles musulmanes sont en outre désormais inspectées par au moins un agent arabophone, qui peut ainsi comprendre les écrits tels que les livres de la bibliothèque.

Inspection

Les établissements inspectés, parce qu’ils suscitent des inquiétudes (signalements par des parents, des enseignants…) ou bien parce qu’ils n’avaient pas été contrôlés depuis longtemps, sont de plusieurs confessions a précisé le ministère. Parmi cette vingtaine d’établissements, six à huit posent effectivement problème, a-t-il ajouté. Les inspecteurs n’ont trouvé aucun élément attestant d’une volonté d’enseigner des valeurs contraires à celles de la République ou promouvant une vision radicalisée de la religion. Mais les inspecteurs ont relevé « une pauvreté pédagogique, qui fragilise le développement des enfants et qui n’est donc pas compatible avec le code de l’éducation ». Ils ont deux mois pour corriger leur pédagogie, avant une nouvelle inspection, qui pourra, si elle n’est pas satisfaite, saisir la justice en vue d’une fermeture.

Les établissements hors contrat scolarisent 0,4 % de l’ensemble des élèves français, soit 56.300 élèves, une proportion globalement stable depuis 2009, selon des statistiques du ministère.