Loi travail: L'Unef et le gouvernement se quittent sur un «désaccord»

REUNION Aucun des deux protagonistes n'entend faire machine arrière...

20 Minutes avec AFP
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William Martinet, le président de la principale organisation étudiante, l'Unef
William Martinet, le président de la principale organisation étudiante, l'Unef — JACQUES DEMARTHON / AFP

Statu quo entre l’Union nationale des étudiants de France (Unef) et le gouvernement au sortir de leur réunion sur la loi travail.

« Le désaccord persiste », a affirmé ce mercredi le président de la principale organisation étudiante, l’Unef, William Martinet, reçu à 12h00 par la ministre de l’Education nationale avec Najat Vallaud-Belkacem, son collègue chargé de la Jeunesse Patrick Kanner, et l’auteure du projet contesté de réforme du code du travail, Myriam El Khomri.

Une journée « déterminante » ce samedi

William Martinet a donc appelé les jeunes « à rester mobilisés » notamment pour la manifestation « déterminante » prévue samedi.

Notant un « désaccord qui persiste sur le projet de loi travail », malgré « un cadre de dialogue qui, on l’espère, permettra de faire bouger les choses en positif (…) ça nous paraît très important que les jeunes restent mobilisés », a-t-il poursuivi.

Personne ne veut faire marche arrière

« Nous ne renonçons pas et nous avons été très fermes dans la discussion avec les ministres. Ce projet de loi est un mauvais projet de loi, nous continuons à demander son retrait. Sur ce terrain-là, on restera solidaires des organisations syndicales professionnelles dans les semaines et les mois qui viennent », a expliqué le responsable de l’Unef, à la pointe du mouvement contre cette loi, entré dans sa cinquième semaine.


Le gouvernement « refuse de faire marche arrière », a-t-il affirmé. Mais le syndicat compte faire avancer ses contre-propositions sur quatre sujets, notamment : l'« accès à un emploi stable » et l'« accès aux droits sociaux » (le RSA n’étant pas accessible aux moins de 25 ans, l’Unef plaide pour que les bourses étudiantes continuent à être versées entre la fin du diplôme et l’accès à la vie professionnelle). L’Unef souhaite aussi que soient augmentées le nombre de places de formation professionnelle, et milite pour améliorer les conditions de vie et de travail des apprentis.

Sur ces points, « je crois que nous avons été écoutés par le gouvernement », a commenté William Martinet, déterminé à lutter contre le « bizutage social des jeunes » à leur entrée dans la vie active.

La Fage plaide pour une allocation équivalent au RSA

« Notre état d’esprit en arrivant à ce rendez-vous n’est pas un état d’esprit de marchandage : dire que pour telle ou telle mesure, l’Unef changerait d’avis sur le projet de loi travail. S’il y a des mesures fortes sur la question de l’insertion professionnelle des jeunes, l’Unef n’hésitera pas à saluer ces mesures », a assuré le responsable, mais « nous ne sommes pas encore au moment des engagements concrets ».

Reçu à son tour, Alexandre Leroy, le président de la Fédération des associations générales étudiantes (Fage), deuxième organisation étudiante qui ne s’oppose pas, elle, à la nouvelle mouture de la loi travail, a plaidé pour « une allocation d’un niveau équivalent au RSA » versée aux jeunes diplômés jusqu’au premier emploi.

La Fage a par ailleurs demandé pour la prochaine rentrée universitaire « un geste sur les bourses, notamment les bourses d’un niveau inférieur », la non-augmentation « des frais d’inscription » et des « mesures sur le logement, la garantie locative pour tous les jeunes et l’encadrement des loyers ».