Comment va se dérouler l'arrivée en France de Salah Abdeslam

JUSTICE Le suspect numéro 1 des attentats du 13 novembre devrait quitter la Belgique avant dimanche pour se voir signifier sa mise en examen en France…

Florence Floux
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Photo d'archives de Salah Abdeslam, diffusée le 15 novembre 2015 par la police française dans le cadre d'un appel à témoins.
Photo d'archives de Salah Abdeslam, diffusée le 15 novembre 2015 par la police française dans le cadre d'un appel à témoins. — POLICE NATIONALE / AFP

Depuis l’annonce par le ministre de la Justice jeudi dernier de l’accord de Salah Abdeslam à venir en France, la Belgique disposait d'un délai de 10 jours pour remettre le détenu… Soit la date butoir du dimanche 10 avril.

>> A lire aussi : D'après son avocat, Abdeslam ne sera «pas remis à la France avant plusieurs semaines»

On sait depuis ce jeudi que Salah Abdeslam ne sera « pas remis à la France avant plusieurs semaines », selon son avocat Sven Mary. Mais la perspective du transfèrement du suspect numéro 1 des attentats du 13 novembre pose d'ores et déjà de nombreuses questions. 20 Minutes vous raconte comment il va se passer ainsi que la suite des événements.

Un transfèrement par hélicoptère ?

Tout d’abord, le transfèrement de Salah Abdeslam, dont la date sera tenue secrète jusqu’au dernier moment, sera assuré sous haute surveillance par le Raid ou le GIGN. Le choix le plus sûr serait d’emprunter un hélicoptère, depuis la prison de Bruges où il est actuellement détenu jusqu’au parquet de Paris, sur l’île de la Cité. L’hélicoptère permettrait d’assurer un temps de transport court (1h30) et offrirait le moins de prise possible à une tentative d’évasion lancée par des complices potentiels de Salah Abdeslam.

Si la voie terrestre est privilégiée (3h de trajet), le convoi sera précédé d’un véhicule censé repérer les lieux. Le but étant que le convoi ne se retrouve jamais à l’arrêt, pour des raisons de sécurité. Les deux options prévoient dans tous les cas que le détenu voyage sous bonne escorte avec des forces de l’ordre lourdement armées. Pour plus de discrétion, il est probable que le transfèrement soit opéré de nuit.

Pas de garde à vue

Arrivé à Paris, Salah Abdeslam sera déféré devant le juge en charge de l’instruction sur les attentats du 13 novembre. « Les policiers ne peuvent pas le placer en garde à vue car un juge a déjà été saisi, étant donné qu’un mandat d’arrêt a été émis par ce juge à l’encontre de Salah Abdeslam pour la procédure de transfèrement », explique Me Hervé Denis. Le magistrat instructeur lui signifiera ainsi sa mise en examen pour des chefs d’accusation précis et lui demandera s’il accepte de répondre à ses questions. Salah Abdeslam sera assisté de l’avocat de son choix.

Après l’entrevue, il sera présenté à un juge des libertés et de la détention qui lui indiquera s’il est laissé libre - ce qui paraît peu vraisemblable - ou placé en détention provisoire. Si la seconde option est choisie, il est probable qu’une maison d’arrêt en région parisienne soit choisie pour le recevoir, comme Fresnes (Val-de-Marne) ou Fleury-Mérogis (Essonne) par exemple. « Il va faire un certain nombre d’allers-retours chez le juge d’instruction, quand celui-ci voudra l’extraire pour l’entendre », explique Me Hervé Denis.

En prison, Salah Abdeslam devrait être placé à l’isolement, tant pour sa sécurité que pour celle des autres détenus. Il n’aura donc aucun contact avec les autres. « Ses permis de visite seront sans doute refusés à la discrétion du magistrat instructeur », indique Me Hervé Denis. L’instruction pourrait durer au mieux, plusieurs mois.