Islamisme: Manuel Valls relance le débat identitaire

RELIGION En se frottant à cette question en vue de la campagne de 2017, le chef du gouvernement suscite à nouveau des crispations…

20 Minutes avec AFP
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Manuel Valls le 21 mars 2016.
Manuel Valls le 21 mars 2016. — Lewis Joly/SIPA

Manuel Valls a retrouvé le temps d’une soirée son statut de franc-tireur à gauche. Lundi soir, lors d’une table ronde organisée au théâtre Déjazet, le Premier ministre s’est inquiété d'« une forme de minorité agissante, des groupes (salafistes) qui sont en train de gagner la bataille idéologique et culturelle ».

Des propos « clivants » et « anxiogènes » dénoncés ce mardi par les instances représentatives de l’islam en France.

Pour un « travail de fond » et pas « d’effets d’annonce »

« Sur le terrain, nous ne voyons pas de signaux qui confortent cette hypothèse d’un raz-de-marée de la pensée extrémiste et salafiste », a déclaré ce mardi Anouar Kbibech, le président du Conseil français du culte musulman (CFCM).

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Pour le président du CFCM, « on a plus besoin maintenant d’apaisement et de travail de fond, et pas tellement d’effets d’annonce et de prises de position un peu clivantes, qui pourraient être perçues comme stigmatisantes et donneraient du grain à moudre à ces groupuscules ».

Des propos qui « stigmatisent »

Le président de l’Observatoire national contre l’islamophobie au CFCM, Abdallah Zekri, a pour sa part dénoncé des propos qui « stigmatisent » en laissant penser « que les musulmans ne veulent pas s’intégrer » alors qu’au contraire « l’islam républicain a gagné du terrain ».

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A l’Assemblée ce mardi, le chef du gouvernement a nuancé ses propos : « Ce sont toutes les atteintes à la laïcité qui doivent être bien entendu dénoncées. Ne donnons pas le sentiment que nous visons à travers tel ou tel propos une seule religion », a-t-il expliqué.

Le cheval de bataille du Front national

« Manuel Valls découvre le salafisme : va-t-il annoncer la dissolution de l’UOIF (Union des organisations islamiques de France, proche des Frères musulmans) comme le réclame le FN depuis années », a réagi la leader frontiste Marine Le Pen sur Twitter.

« Valls méritera sa carte auFront national quand il passera enfin du verbe à l’action : fermer les 100 mosquées salafistes, arrêter l’immigration ! », a lancé son lieutenant, Florian Philippot, sur le réseau social.