Attentat déjoué en France: L'enquête sur Reda Kriket a mis au jour «les préparatifs d’une action imminente»

SOCIETE Le procureur de Paris François Molins est revenu sur l'arrestation de Reda Kriket ce jeudi à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine)...

Clémence Apetogbor

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Le procureur de Paris, François Molins.
Le procureur de Paris, François Molins. — MIGUEL MEDINA / AFP

François Molins, le procureur de Paris, s’est exprimé ce mercredi soir lors d’une conférence de presse dans le cadre de l’enquête sur le projet d’attentat déjoué sur le sol français.

  • Reda Kriket dit « ne pas être un terroriste »

Placé en garde à vue pour une durée exceptionnelle de six jours, Reda Kriket est resté silencieux, affirmant aux enquêteurs « ne pas être un terroriste ». Présenté à un juge d’instruction du pôle antiterroriste, ce dernier l’a mis en examen pour association de malfaiteurs en vue de crime terroriste, détention d’armes et fabrication d’explosif.

Le natif de Courbevoie, dans les Hauts-de-Seine, résidait à Ixelles, en Belgique. Il était sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis en 2014 par la France alors que le jeune homme était parti en Syrie. Il a également été condamné en son absence à dix ans de prison par la justice belge en décembre 2015, lors d’un procès impliquant plusieurs membres d’une filière djihadiste.

  • « Une action terroriste imminente », mais une cible non identifiée

L’enquête, dans laquelle Reda Kriket est le principal suspect, a mis au jour « les préparatifs d’une action terroriste imminente », a dans un premier temps fait savoir François Molins. La perquisition menée jeudi dans un appartement d’Argenteuil (Val-d’Oise) à éviter « la commission d’une action d’une extrême violence menée par un commando prêt à passer à l’acte », a dit François Molins. Toutefois, « à ce stade des investigations aucune cible précise projetée n’a pu être identifiée », a-t-il souligné.

  • Une planque louée « pour un tiers »

L’appartement d’Argenteuil, où a été découvert un important arsenal jeudi, a bien été loué par Reda Kriket mis en examen et placé en détention provisoire ce mercredi, sous une fausse identité. Ce dernier a déclaré aux enquêteurs qu’il louait cette cache depuis l’été 2015 et réglait le loyer en liquide.

  • Un arsenal « prêt à l’emploi »

Lors de cette conférence de presse, on a appris que des téléphones portables neufs, cinq passeports volés, achetés dans le quartier parisien de Barbès, et des explosifs prêts à l’emploi avaient été trouvés dans l’appartement perquisitionné jeudi à Argenteuil. Plusieurs éléments chimiques y ont été découverts, "en l’occurrence trois bouteilles d’eau oxygénée, de l’acétone, un tupperware avec 105 grammes de TATP (explosif utilisé lors des attentats de Bruxelles), deux bidons plastiques de 10 et 15 centilitres avec de l’acide, un grand bécher, des doseurs, des seringues, une balance électronique, des gants et des masques de protection", mais également six fioles de glycérine, a listé François Molins.

Un coffre-fort contenant notamment 1,3 kg d’explosifs industriels, cinq fusils Kalachnikov, sept armes de poing, un livre intitulé « Le laboratoire moderne » a aussi été retrouvé.

  • Reda Kriket et Anis Bahri se seraient rendus en Syrie

Anis Bahri, l’homme interpellé aux Pays-Bas dans le cadre de l’enquête, et Reda Kriket sont « soupçonnés » de s’être rendus en Syrie entre « fin 2014 et début 2015 et étaient suspectés depuis leur retour de faire des allers-retours entre la France, la Belgique et les Pays-Bas ».