Attentats de Bruxelles: Le FBI avait transmis des informations sur les frères El Bakraoui avant les attaques

TERRORISME De nouvelles révélations mettent en cause les autorités belges dans la lutte antiterroriste…

L.C. avec AFP

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Montage photo. Les frères El Bakraoui. A droite, Ibrahim. A gauche, Khalid.
Montage photo. Les frères El Bakraoui. A droite, Ibrahim. A gauche, Khalid. — AFP Interpol / AFP

Déjà critiqués par les autorités françaises après les attentats du 13 novembre, les services belges sont à nouveau sous le feu des critiques alors que l’enquête sur les attaques terroristes de Bruxelles commence à peine. Voici les principaux « ratés » qui leur sont reprochés, mais qui mettent aussi en lumière les lacunes de la coopération internationale dans la lutte antiterroriste.

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  • Des informations du FBI

Dernier « loupé » en date,les médias belges ont révélé ce mardi que le FBI aurait transmis à la police néerlandaise des informations sur les antécédents criminels et extrémistes d’Ibrahim et Khalid El Bakraoui. 

Répondant à des questions au Parlement néerlandais, le ministre de la Justice Ard van der Steur a déclaré que la police des Pays-Bas avait reçu le 16 mars un rapport du FBI américain «dans lequel étaient notifiés les antécédents criminels d'Ibrahim El Bakraoui et de son frère Khalid, et les antécédents terroristes de Khalid». Le jour suivant, «le sujet a été abordé lors de contacts bilatéraux entre les polices néerlandaise et belge», a ajouté le ministre. «Le passé radical des deux hommes a été discuté», a-t-il assuré sans donner de précisions.

Cinq jours plus tard, les deux frères se faisaient exploser à l’aéroport de Zaventem et dans la station de métro Maalbeek, causant la mort de 35 personnes.

La Belgique a-t-elle ignoré d’autres alertes concernant les frères kamikazes ? C’est ce qu’affirme la Turquie qui affirme avoir transmis à Bruxelles des informations sur le profil de « combattant terroriste » d’Ibrahim El Bakraoui, arrêté en juin près de la frontière syrienne. Pour la justice belge, Ibrahim El Bakraoui n’était à l’époque qu’un condamné de droit commun, en libération conditionnelle.

Lorsque les Turcs l’expulsent en juillet, direction Amsterdam, ils préviennent les ambassades belge et néerlandaise au dernier moment. El Bakraoui n’est pas attendu, et se retrouve dans la nature. Avant son expulsion, l’officier de liaison belge à Istanbul, alerté, ne s’était lui pas renseigné sur le CV d’El Bakraoui, qui avait violé son contrôle judiciaire, a déploré le gouvernement belge. Ibrahim El Bakraoui était qui plus est depuis septembre sur une liste antiterroriste du FBI américain, selon les autorités néerlandaises.

  • De précédents ratés

Autre raté concernant la capture de Salah Abdeslam. Selon le journal belge La Dernière Heure, un policier de Malines, dans le nord de Bruxelles, avait notifié dans un rapport destiné à la cellule antiterrorisme l’adresse où a été interpellé Salah Abdeslam dès le 7 décembre… Soit trois mois avant son arrestation le 18 mars dernier.

Après les attentats de Paris le 13 novembre 2015, il avait par ailleurs été reproché aux autorités belges de ne pas avoir signalé à la France que Salah Abdeslam était fiché en Belgique pour radicalisation, une lacune qui avait permis au suspect clé des attentats de franchir plusieurs contrôles de gendarmes français en s’enfuyant vers la Belgique.

En interne non plus, les informations ne semblent pas toujours circuler de manière fluide : le personnel d’une école bruxelloise fréquentée par le kamikaze du 13 novembre Bilal Hadfi avait signalé sa radicalisation, mais ce signalement n’était pas parvenu à la police.