Projet d'attentat déjoué en France: Quatre suspects arrêtés et des ramifications dans toute l'Europe

TERRORISME L'enquête n'en est pour l'instant qu'à son début mais plusieurs éléments intéressent les enquêteurs...

20 Minutes avec AFP
— 
Des experts de la police lors d'une perquisition le 24 mars 2016 dans un appartement à Argenteuil
Des experts de la police lors d'une perquisition le 24 mars 2016 dans un appartement à Argenteuil — GEOFFROY VAN DER HASSELT AFP

L'enquête sur le projet d'attentat déjoué, débutée jeudi avec l'arrestation de Reda Kriket, révèle des connexions européennes. Deux hommes ont en effet été inculpés en Belgique, un Français a été interpellé aux Pays-Bas tandis que trois autres hommes y sont entendus. Le principal suspect, Reda Kriket, a vu sa garde à vue prolongée exceptionnellement au delà de quatre jours ce lundi.

Ce Français de 34 ans, déjà condamné en Belgique dans une affaire de terrorisme et soupçonné d’avoir séjourné dans les rangs de Daesh en Syrie. Il pourrait être déféré mardi, voire mercredi, en cas d’ultime prolongation. Après son arrestation jeudi à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve avait annoncé qu’un projet d’attentat « à un stade avancé » avait été déjoué, sans donner plus de précision. Dans sa planque d'Argenteuil (Val-d’Oise), les policiers ont trouvé un arsenal : cinq kalachnikovs, un fusil mitrailleur, sept armes de poing, des chargeurs, ainsi que des explosifs, dont du TATP.

Des armes retrouvées à Rotterdam

Depuis, l’enquête s’est étendue à plusieurs pays européens. Dimanche, Anis B., un Français de 32 ans, a été interpellé à Rotterdam (Pays-Bas). Cet homme, qui a séjourné en Syrie, est soupçonné d’avoir été mandaté par Daesh pour commettre un attentat en France avec Reda Kriket, selon une source policière. Lors des perquisitions, des munitions ont été retrouvées, mais pas d’explosifs, a indiqué le parquet néerlandais. Visé par un mandat d’arrêt européen émis par les juges français, Anis B. devrait être remis à la France dans les prochaines semaines. Trois autres suspects interpellés à Rotterdam étaient entendus par la police néerlandaise lundi.

En Belgique, deux hommes, Abderamane A. et Rabah N., arrêtés vendredi dans le centre de Bruxelles, ont eux été inculpés pour « participation aux activités d’un groupe terroriste » et placés en détention provisoire. Né en 1977 en Algérie, Abderamane A., apparaît déjà comme un vétéran chez les djihadistes. Il avait été condamné à Paris en 2005 au procès d’un réseau accusé d’avoir apporté un soutien logistique au départ en Afghanistan des assassins du commandant Massoud, tué le 9 septembre 2011, deux jours avant les attentats contre le World Trade Center à New-York. Il avait écopé de sept ans de prison et d’une interdiction définitive du territoire français. Lui-même parti en Afghanistan, il était resté mutique tout au long de l’audience, gardant le mystère sur son parcours.

Abaaoud, encore lui

Si les procédures sont distinctes, des liens ont été établis entre l’attentat déjoué et les enquêtes sur les attentats de Paris (13 novembre, 130 morts) et de Bruxelles (22 mars, 35 morts), notamment via la Syrie, d’où sont revenus la plupart des jihadistes qui ont attaqué les capitales française et belge.

Kriket avait été condamné en son absence en juillet 2015 en Belgique au procès d’une filière djihadiste vers la Syrie, dont l’un des principaux prévenus était le Belge Abdelhamid Abaaoud, figure des djihadistes francophones de Daesh et un des organisateurs présumés des attentats parisiens, mort quelques jours après dans une opération policière. Cette filière était dirigée par un Bruxellois de 41 ans, Khalid Zerkani, le « plus grand recruteur de candidats au jihad » en Belgique, d’après les autorités belges.

Kriket avait été condamné à 10 ans de prison par défaut. L’enquête avait mis en lumière son rôle dans le financement de la filière, en reversant notamment le butin de ses braquages. Il était recensé comme résidant à Ixelles, une commune de Bruxelles.