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REPORTAGE«Si je veux sauver des vies, je dois apprendre les bons réflexes»

VIDEO. Formation aux gestes qui sauvent: «Si je me retrouve sur une scène d'attentat, je veux savoir quoi faire»

REPORTAGE«20 minutes» a suivi une initiation aux premiers gestes de secours organisé à grande échelle samedi par la Mairie de Paris...
Le 26/03/2016 à la mairie du 3eme arrondissement de Paris, une formation de deux heures aux gestes qui sauvent.
Le 26/03/2016 à la mairie du 3eme arrondissement de Paris, une formation de deux heures aux gestes qui sauvent.
Delphine Bancaud

Delphine Bancaud

Ils sont arrivés avant l’heure pour être sûrs de ne pas rater le début de la formation. Ce samedi après-midi à la mairie du 3eme arrondissement de Paris, une soixantaine de personnes sont venues participer aux dernières sessions de formation du jour aux gestes de premiers secours. Au total 3.500 personnes s’étaient inscrites dans toutes les mairies pour la première édition de l’opération « Samedi qui sauve », lancée par la Mairie de Paris.

Preuve que quatre jours après les attentats de Bruxelles et plus de quatre mois après ceux de Paris, l’urgence à maîtriser les gestes de base du secourisme se fait ressentir chez les Français. Comme le confie Françoise : « C’était une évidence de venir aujourd’hui, car je si je veux sauver des vies, je dois apprendre les bons réflexes qui me permettront de le faire », explique-t-elle. « Si je me retrouve sur une scène d'attentat, je voudrais forcément aider et je veux savoir quoi faire. Et comme je suis mère de deux enfants, je dois aussi savoir réagir s'il leur arrive quelque chose », raconte aussi Catherine. « Je n’ai jamais pris le temps de me former avant. Mais là c’est deux heures et gratuit, l’occasion rêvée », confie sa voisine, une jeune trentenaire.

Certains prennent des notes

Dans une salle de la mairie, vingt personnes sont accueillies par six sapeurs-pompiers. « C’est encore un groupe hétéroclite, car toutes les classes d’âges sont représentées », observe Thomas, le sapeur-pompier qui conduit la formation. Certains sont venus avec des amis, d’autres avec un membre de leur famille ou même seuls. Ni une ni deux, les participants sont plongés dans le bain avec une vidéo montrant des secouristes en action juste après une fusillade dans un restaurant. L’occasion pour Thomas de faire un topo sur les numéros d’urgences à composer dans ce genre de situation (18, 15, 112) et les informations à délivrer (nature de l’événement, localisation précise, nombre de victimes et type de blessures). Pour briser la glace avec les participants et rendre la formation dynamique, le formateur pose beaucoup de questions. « Une fois les secours prévenus, que faites-vous ? », interroge-t-il. « On fait le tour des blessés pour évaluer leur état », répond un participant, ce qui donne l’occasion au formateur de détailler ses explications. L’ambiance est studieuse, certains prennent même des notes.

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Après la théorie, place à la pratique. Les secouristes en herbe doivent désormais apprendre à effectuer des dégagements d’urgence, afin de soustraire les victimes à des dangers potentiels (un mur qui s’écroule, un terroriste qui risque de revenir, un début d’incendie…). Thomas et son collègue montrent rapidement plusieurs types de traction (par les poignets, les chevilles, les aisselles) en fonction de la force physique du secouriste, des blessures de la victime et du lieu. Au tour des participants de s’y coller par deux. Avec parfois un peu de gêne d’avoir à toucher le corps d’un inconnu pour l’exercice. Monique, commence ainsi à tirer son coéquipier par les chevilles. « Je risque de lui faire mal à la tête », commente-t-elle. « Et moi si je tire une victime par le bras et qu’elle a déjà un problème à cet endroit-là avant, je risque de lui faire encore plus mal », ajoute une autre participante. « Oui, mais si vous ne faites rien, vous risquez de mettre la victime encore plus en danger », les rassure un pompier.

Les garrots pas faciles à réaliser

Exercice après exercice, les participants se lâchent de plus en plus, laissant même parfois éclater quelques rires. Ils apprennent maintenant à placer une victime en position d’attente afin de limiter l’aggravation de son état de santé en attendant les secours. « Dans quelle position doit-on placer une victime qui n’est pas consciente ? » ; interroge le pompier. « Sur le côté, pour ne pas qu’elle avale sa langue », répond tout de go un apprenti secouriste. « Surtout pas de dos, car elle pourrait s’étouffer en vomissant », reprend Thomas. Chaque duo s’entraîne ensuite à mettre son acolyte en position latérale de sécurité.

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Mais la formation se corse lorsque les pompiers abordent ensuite la conduite à tenir pour arrêter une hémorragie. Si la technique de la compression manuelle ne pose pas de problème aux participants, la pose d’un garrot simple leur semble plus complexe. Un jeune homme essaye en vain de reproduire l’exercice avec une cravate, avant d’être guidé par un pompier. « Souvent, les gens ne serrent pas assez fort. Mais en refaisant les gestes plusieurs fois avec eux, ça finit par marcher », commente Quentin, un pompier. Mais les participants ne sont pas au bout de leur peine, car ils doivent ensuite apprendre à réaliser un garrot tourniquet, plus sophistiqué.

La fierté d'avoir effectué un acte citoyen

Après la formation s’achève avec les gestes à effectuer en cas d’arrêt cardiaque. « Car 40.000 décès sont dus à cela chaque année. Et une minute de perdue, c’est 10 % de chance de survie en moins pour la victime », explique Thomas. « Mais comment est-on sûre qu’une personne fait un arrêt cardiaque? », interroge Michèle. « Lorsque la personne ne respire plus. Et dites vous que le pire dans ce cas-là, c’est de ne rien faire », explique Thomas. Après une brève démonstration de massage cardiaque, les pompiers invitent les apprentis secouristes à s’entraîner sur des mannequins. « La compression est efficace lorsque vous entendez un clic », précise le pompier. « C’est fatigant comme geste », déclare Monique. « Oui, mais dites-vous que dans les grandes villes, les pompiers arrivent en moins de 10 minutes sur place », explique Quentin. Les travaux pratiques s’achèvent ensuite avec l’utilisation d’un défibrillateur.

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Pour donner de la solennité à la formation, Thomas appelle ensuite chaque participant et lui remet une attestation de participation avec un mémo. « J’ai eu une mention », plaisante Jean-Baptiste devant ses amis. « J’avais déjà suivi une initiation aux gestes qui sauvent, mais là j’ai appris en plus à faire un massage cardiaque. Ça me donne envie de poursuivre ma formation dans le domaine », raconte-t-il. « C’était très pédagogique et je suis sûre d’avoir retenu plein de choses », affirme de son côté Michèle. Les pompiers sont chaleureusement remerciés par les participants. « Depuis novembre, on sent bien qu’on répond à une attente. Et si les gens repartent de la formation en se disant qu’il vaut mieux faire quelque chose pour sauver une vie, que rester inactif, on aura gagné », souligne Thomas.

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