Pédophilie : «Il n’y a pas de raisons que Philippe Barbarin démissionne», assure André Vingt-Trois

EGLISE L’archevêque de Paris vole au secours de son « frère » de Lyon mis en cause pour « non dénonciation de crime »…

Vincent Vantighem

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André Vingt-Trois, archevêque de Paris, prend la défense du cardinal Barbarin.
André Vingt-Trois, archevêque de Paris, prend la défense du cardinal Barbarin. — LIONEL BONAVENTURE / POOL / AFP

Un parallèle évident en ce dimanche de Pâques. « Vous me posez la question dans la semaine où Jésus a été arrêté, jugé et mis à mort… » André Vingt-Trois, archevêque de Paris, affiche son soutien à Philippe Barbarin, son « frère » de Lyon, dans une interview parue, ce dimanche, dans les colonnes du Parisien.

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Mis en cause par plusieurs victimes d’actes de pédophilie, Philippe Barbarin, l’archevêque de Lyon, est aujourd’hui accusé d’avoir fermé les yeux sur les agissements de certains prêtres de Lyon qu’il n’aurait pas dénoncés à la justice. « Il n’y a pas de raisons qu’il démissionne », assure pourtant André Vingt-Trois dans cet entretien au Parisien.

« J’ai été voir le procureur… »

Apportant son « soutien » à celui qu’il considère comme un « frère », André Vingt-Trois estime que « ça n’est pas l’opinion publique qui se substitue à la justice jusqu’à présent », alors que Philippe Barbarin est victime d’une violente campagne médiatique réclamant sa démission.

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« Il m’est arrivé par le passé de retirer un prêtre de son ministère auprès de jeunes parce qu’il avait commis des actes de pédophilie, énonce André Vingt-Trois. J’ai eu connaissance de faits et j’ai été voir le procureur. A lui de faire son enquête. Les victimes qui viennent nous voir sont toujours entendues. »

Enquête pour « non-dénonciation de crime »

Alors qu’elle est destinée à soutenir Philippe Barbarin, cette information pourrait toutefois atteindre le but contraire. En effet, Philippe Barbarin est justement accusé de ne pas avoir saisi la justice après avoir reçu plusieurs plaintes de victimes se plaignant d’actes déplacés de plusieurs prêtres du diocèse de Lyon.

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Une enquête pour « non-dénonciation de crime » a ainsi été ouverte par le parquet de Lyon.