Sven Mary, l'avocat de Salah Abdeslam, a porté plainte contre le procureur de Paris

JUSTICE De son côté, François Molins s’est dit « très serein sur cette question »…

20 Minutes avec AFP

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L'avocat belge Sven Mary quitte le tribunal de Louvain, le 14 janvier 2016.
L'avocat belge Sven Mary quitte le tribunal de Louvain, le 14 janvier 2016. — JOHN THYS / AFP

L’avocat de Salah Abdeslam avait annoncé il y a quelques jours son intention de porter plainte contre le procureur de Paris, François Molins, pour violation du secret de l’instruction C’est maintenant officiel.

Sven Mary a en effet porté plainte « avec constitution de partie civile », a indiqué ce vendredi le parquet de Bruxelles.

Un juge d’instruction saisi

« Une plainte, avec constitution de partie civile, a été déposée hier (jeudi) devant un juge d’instruction pour violation de l’instruction », a déclaré un porte-parole du parquet de la capitale belge, Denis Goeman.

En droit belge, une plainte avec constitution de partie civile entraîne automatiquement la saisie d’un juge d’instruction, qui effectuera une enquête à charge et à décharge. A l’issue de celle-ci, c’est une juridiction d’instruction, la chambre du conseil, qui décidera si la plainte débouche sur un non-lieu ou l’affaire doit être renvoyée devant un tribunal.

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Le procureur de Paris avait annoncé le 19 mars que Salah Abdeslam, arrêté la veille à Bruxelles, avait déclaré aux enquêteurs belges qu’il « voulait se faire exploser au Stade de France » à Saint-Denis le soir des attentats, avant de faire « machine arrière ».

Le 20 mars, Me Mary s’était insurgé contre ces déclarations estimant que « la lecture d’une partie de l’audition de Salah Abdeslam en conférence de presse constitu (ait) une violation » du secret de l’instruction.

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François Molins est « très serein »

Le lendemain, François Molins s’était dit « très serein sur cette question », lors d’une conférence de presse à Bruxelles avec le procureur fédéral belge.

Le procureur de Paris avait rappelé que le code de procédure pénale « portait le principe de secret de l’enquête et de l’instruction mais autorise le procureur à rendre publics des éléments objectifs tirés de la procédure ». « Je pense que c’est ce que j’ai fait », avait-il argué.