Attentats de Bruxelles : Le TATP, cet explosif qui avait déjà été utilisé en novembre à Paris

ENQUETE Le procureur fédéral belge a confirmé que le même explosif avait été utilisé par les terroristes de Bruxelles que par ceux de Paris en novembre…

Vincent Vantighem

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Zaventem (Belgique), le 22 mars 2016. Des passagers fuient après la double explosion au sein de l'aéroport de Bruxelles.
Zaventem (Belgique), le 22 mars 2016. Des passagers fuient après la double explosion au sein de l'aéroport de Bruxelles. — STRINGER / RTL TVI / AFP

Quatre petites lettres. Et des centaines de vies brisées à Bruxelles comme à Paris. Frédéric Van Leeuw, le procureur fédéral belge, a confirmé, ce mercredi, que les enquêteurs avaient retrouvé 15 kilos d’explosif de type TATP dans la planque des terroristes présumés de Bruxelles, perquisitionnée mardi soir à Schaerbeek.

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Un nom qui n’est pas inconnu en France depuis novembre. Le TATP est en effet l’explosif qui avait été utilisé lors des attentats de Paris, notamment devant le stade de France et lors de l’assaut à Saint-Denis. Si le procureur n’a fait aucun lien formel entre l’horreur parisienne de novembre et celle perpétrée, mardi à Bruxelles, l’information renforce l’idée selon laquelle les deux commandos étaient liés.

Infographie sur le TATP
Infographie sur le TATP - AFP

« Ce n’est pas à la portée du premier venu »

Car le TATP n’est pas le genre d’explosif qu’on trouve dans n’importe quelle boîte de jeu du « petit chimiste ». Le Triacétone triperoxyde est un explosif primaire instable. « Les ingrédients qui le composent sont disponibles à la vente, assure à 20 Minutes, un expert engagé dans les forces de l’ordre françaises. Mais il faut avoir de la dextérité pour le synthétiser sans perdre ses mains… Ce n’est pas à la portée du premier venu. »

>> Derrière les attentats, l'ombre d'un artificier

Comme à Paris,les terroristes de Bruxelles devaient donc disposer de l’appui d’un artificier. D’autant plus que les quantités découvertes dans leur planque mardi soir – en plus donc de celles qui avaient déjà explosé à Zaventem et à Maelbeek – laissent songeur. «  Il y avait 15 kilos de TATP, 30 litres d’eau oxygénée, une valise remplie de clous et de vis, des détonateurs et 150 litres d’acétone », a indiqué Frédéric Van Leeuw. « Acheter deux ou trois litres d’acétone, c’est complètement faisable, poursuit notre expert. Mais 150 litres, ça commence à se voir. A moins de se rendre dans 50 magasins différents… »

Bien plus d’effets dans un endroit confiné

Quoi qu’il en soit, en chargeant des valises, les terroristes bruxellois ont utilisé bien plus d’explosifs que leurs prédécesseurs parisiens qui avaient, eux, utilisé des ceintures. De quoi expliquer le nombre de morts à l’aéroport et dans le métro ? « Il y a effectivement une histoire de quantité, éclaire notre expert. Mais il n’y a pas que ça… »

Une ceinture d'explosifs. Illustration
Une ceinture d'explosifs. Illustration - BRAHIM ADJI / AFP

En choisissant à Bruxelles des endroits confinés contrairement à Paris (terrasse de café et abords du stade de France), les terroristes ont démultiplié les effets de leurs bombes. « La déflagration est bien plus importante dans un endroit fermé », explique l’expert.