Loi Travail: Quel est le rapport de force entre opposants et partisans de la réforme?

EMPLOI «20 Minutes» fait le point sur le rapport de force entre opposants et partisans du projet de loi de réforme du droit du travail présenté ce jeudi en Conseil des ministres...

Laure Cometti
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Les étudiants ont manifesté le 17 mars 2016 à Paris pour demander le retrait du projet de loi de réforme du droit du travail.
Les étudiants ont manifesté le 17 mars 2016 à Paris pour demander le retrait du projet de loi de réforme du droit du travail. — LEWIS JOLY/SIPA

Pétition record, manifestations, fronde au sein de la majorité, négociations improvisées avec les partenaires sociaux… L’avant-projet de loi de réforme du droit du travail a connu un parcours chahuté. Après un report de deux semaines et quelques modifications, le gouvernement doit présenter ce jeudi en Conseil des ministres le projet de loi qui sera examiné au Parlement dès fin avril.

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Qui soutient le projet de loi El Khomri ?

Après quelques évolutions, l’exécutif semble désormais pouvoir compter sur l’aval d’une majorité des députés socialistes, frondeurs exceptés. Le député Christophe Sirugue, initialement opposé au projet de loi, a finalement accepté d’être le rapporteur du texte, ce qui incite Thierry Mandon, secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur et à la Recherche, à pronostiquer « une majorité socialiste assez significative » lors du vote.

Côté syndicats, la Confédération française démocratique du travail (CFDT), la Confédération Française des Travailleurs Chrétiens (CFTC), la Confédération française de l’encadrement - Confédération générale des cadres (CFE-CGC), et l’Union nationale des syndicats autonomes (Unsa) ont salué la réécriture du texte mais réclament d’autres évolutions, notamment sur le licenciement économique.

Pour obtenir le soutien des syndicats dits réformistes, il a néanmoins fallu froisser le patronat qui préférait la version initiale du texte. Sept organisations patronales ont dénoncé un « recul » du gouvernement et ont notamment demandé le rétablissement du plafonnement des indemnités prud’homales en cas de licenciement sans cause réelle ni sérieuse.

Qui réclame le retrait du projet de loi ?

Plusieurs syndicats, dont la CGT, FO, Solidaires, et la FSU, réclament le retrait du texte, comme certaines organisations étudiantes et lycéennes (Fidl, Unef et UNL). Ces organisations appellent à la mobilisation ce jeudi et prévoient une nouvelle manifestation le 31 mars.

A la gauche de la gauche, le Parti communiste français (PCF), le Parti de gauche (PG) et les écologistes d’Europe Ecologie Les Verts (EELV) exigent également le retrait de la loi.

Quel rapport de force se dessine ?

La mobilisation des jeunes est « déterminante car les pouvoirs publics sont attentifs aux mouvements de la jeunesse, qu’ils craignent le plus », observe Stéphane Sirot, historien spécialiste des mouvements sociaux. En outre, les syndicats de salariés ont « d’autant plus besoin de s’appuyer sur les mouvements de jeunesse qu’ils sont divisés ». En effet, après la réécriture du projet de loi la CFDT et la Fédération des Associations Générales Etudiantes (Fage) ont rejoint le camp des partisans.

Reste à voir si ce mouvement, « qui tente de se structurer, parviendra à durer et à s’amplifier jusqu’au 31 mars », poursuit-il, ajoutant que l’Union nationale des étudiants de France (Unef) n’est « plus aussi gênante aujourd’hui car la Fage a progressé lors des dernières élections étudiantes ». Si la contestation s’essouffle, alors le débat se déroulera à l’Assemblée sans la pression de la rue, mais vraisemblablement avec de nombreux amendements. Le chef de file des frondeurs Christian Paul a en effet promis « une bataille parlementaire extrêmement ferme ».