Terrorisme: Salah Abdeslam ne doit pas devenir «un repenti»

JUSTICE Une avocate des victimes des attentats de Paris appelle à la prudence sur la stratégie de défense du présumé terroriste…

H. B.
— 
Photo d'archives de Salah Abdeslam, diffusée le 15 novembre 2015 par la police française dans le cadre d'un appel à témoins.
Photo d'archives de Salah Abdeslam, diffusée le 15 novembre 2015 par la police française dans le cadre d'un appel à témoins. — POLICE NATIONALE / AFP

Salah Abdeslam, suspect numéro 1 des attentats de Paris, est sous les verrous. Arrêté vendredi dernier à Molenbeek dans la banlieue de Bruxelles, le présumé terroriste a décidé de « collaborer à l’enquête », selon son avocat Sven Mary.

Selon la presse flamande, Salah Abdeslam souhaiterait devenir « repenti », c’est à dire collaborer avec les autorités belges probablement en échange d’une réduction de peine.

Pas de repentance pour les activités terroristes

« A l’heure actuelle, en Belgique, le statut de repenti n’existe pas de manière générale dans le code pénal belge et certainement pas pour les activités terroristes. Un membre d’un groupe terroriste ne peut en aucun cas bénéficier d’un statut comparable à un statut de repenti », a expliqué Laurent Kennes, un avocat pénaliste cité par la chaîne belge RTBF.

Le procureur fédéral belge Frédéric Van Leeuw, avait pourtant indiqué ce lundi lors de la conférence de presse conjointe avec le procureur de Paris, François Molins, qu’il était « primordial, en droit belge, de pouvoir donner la possibilité à une personne de revenir en arrière, cela pourrait nous aider peut-être à éviter des drames énormes comme nous avons connu à Paris. »

« On est en train d’en faire un repenti, j’espère qu’on n’arrivera pas jusqu’à en faire une victime »

Samia Maktouf, l’une des avocats des victimes des attentats de Paris et de Saint-Denis, a quant à elle appelé ce mardi sur France Info à prendre « avec prudence la stratégie de défense de Salah Abdeslam ».

« Oui, qu’il choisisse de se défendre, nous sommes dans une démocratie face à la barbarie qu’il défend, mais n’en faisons pas un repenti. S’il avait envie de se repentir, il avait le temps, il n’avait pas besoin de repartir en Belgique, il n’était pas obligé d’acheter ce qu’il faut pour préparer les explosifs, par exemple », a déclaré l’avocate.

« On commence à dire « Ce n’était pas le plus dangereux, le plus radicalisé ». On est en train d’en faire un repenti, j’espère qu’on n’arrivera pas jusqu’à en faire une victime. On décrit un homme qui pleure, on est allé jusqu’à dire qu’il attendait la police, c’est une offense à la mémoire des victimes », a déploré Samia Maktouf.