Attentats à Bruxelles: Les réseaux saturés, un risque pour la communication de la police?

ECLAIRAGE Les réseaux de téléphonie mobile de Bruxelles ont connu de grosses difficultés ce mardi matin après les explosions survenues à l’aéroport et dans le métro. Les forces de l’ordre peuvent en revanche recourir à des fréquences parallèles…

Annabelle Laurent
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Les forces de sécurité encerclent la station de métro de Maalbeek, à Bruxelles, le 22 mars 2016
Les forces de sécurité encerclent la station de métro de Maalbeek, à Bruxelles, le 22 mars 2016 — EMMANUEL DUNAND AFP

S’assurer qu’un proche va bien. Appeler toute sa famille, tous ses amis. Le réflexe est naturel et fut celui des Bruxellois ce mardi matin, peu après la série d’attaques terroristes qui a frappé l’aéroport de Bruxelles et l’une de ses stations de métro. De quoi conduire à une saturation rapide des réseaux de téléphonie mobile, alors qu’en parallèle s’organisait rapidement la solidarité sur les réseaux sociaux, comme pour le 13 novembre à Paris.

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Les SMS consomment moins de bande passante

La consigne est venue directement du ministre fédéral des Télécommunications Alexander De Croo: « Contactez-vous via Whatsapp, Facebook, Twitter. Evitez les appels ». Le centre de crise du Service Public Fédéral Intérieur demandait également «d'éviter de téléphoner si ce n'est pas strictement nécessaire» et de privilégier « les SMS et réseaux sociaux » pour donner des nouvelles à ses proches. 

« La capacité des réseaux mobile est grandement limitée par la capacité des antennes-relais. Les échanges de SMS ne transitant pas par les mêmes serveurs que la voix et consommant beaucoup moins de bande passante qu’un appel, il est évidemment recommandable de communiquer davantage par des SMS que par des appels », explique Antoine Autier, expert en télécoms chargé de mission technologie de l’information et de la communication pour UFC-Que Choisir.

Les opérateurs « ont de grandes difficultés à agir sur la limitation de la capacité des antennes », poursuit l’expert. Ainsi ont-ils tous invité, à tour de rôle, leurs utilisateurs à recourir aux SMS. D’abord Orange, qui détient le troisième opérateur belge Mobistar, puis Base (ex-KPN Belgique), vers 10h30, et l’opérateur Proximus, vers 10h40. Mobistar demandait pour sa part d’envoyer le moins possible de photos ou de vidéos.

L'opérateur Telenet avait pour sa part ouvert tous ses «hotspots» gratuitement pour permettre à la population d'avoir accès aux services de messagerie comme Whatsapp en passant directement par le réseau Internet. 

Des fréquences parallèles pour les forces de l’ordre 

Une telle saturation des réseaux peut-elle mettre en difficulté les forces de l’ordre elles-mêmes ? « La police a des fréquences allouées qui lui sont dédiées : une voie spéciale, comme en circulation. Elle peut donc communiquer par cette voie-là », avance Antoine Géron, manager au sein de Polyconseil, un cabinet de conseil en stratégie spécialisé dans les nouvelles technologies.

« Dans les discussions entre elles, les forces de l’ordre ont des fréquences qui leur sont propres, confirme Antoine Autier. Celles qui passent par les talkies-walkies, notamment. Le problème peut se poser en revanche quand ils doivent joindre des personnes qui sont, elles, équipées de téléphones cellulaires. D’où la consigne importante d’inviter à rassurer ses proches via les autres outils ».