Attentat suicide à Bruxelles «Il faisait beau ce matin. J’ai pris mon vélo au lieu du métro…»

ENTRETIEN Employé à la Commission européenne, à deux pas de la station où une bombe a explosé, Julien raconte à « 20 Minutes » la matinée d’horreur à Bruxelles…

Vincent Vantighem
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La police belge bloque la rue de la station de métro Maelbeek après une série d'explosion dans la capitale, le 22 mars 2016.
La police belge bloque la rue de la station de métro Maelbeek après une série d'explosion dans la capitale, le 22 mars 2016. — PHILIPPE FRANCOIS/BELGA/AFP

Pour l’instant, il est confiné dans son bureau. Et Julien ne sait pas comment la journée va évoluer. Employé à la Commission européenne, il travaille à deux pas de la station Maelbeek où une bombe a éclaté, ce mardi matin, peu de temps après un attentat suicide à l’aéroport. Après avoir pris des nouvelles de ses proches, il a accepté de témoigner de la situation pour 20 Minutes

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  • Quelle est la situation sur place ?

Je travaille au siège de la Commission européenne. On nous a envoyé un texto et un email nous demandant de rester confinés dans les bureaux pour l’instant. En même temps, aucune info n’a été communiquée pour indiquer que c’est le siège de la Commission qui était spécifiquement visé.

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  • La station Maelbeek est pourtant située au cœur des institutions européennes ?

Oui. Mon bureau donne sur la rue de la Loi. Elle est complètement bouclée. C’est là que se trouve le Berlaymont, le siège de la Commission européenne. La ligne de métro qui traverse le quartier est très très empruntée.

  • Vous n’avez pas pris le métro, ce matin, pour vous rendre au bureau ?

Non. D’habitude, je le prends. Mais ce matin, il faisait beau. J’ai pris mon vélo. Sur la route, j’écoutais France Inter. J’ai compris quand ils ont interrompu les programmes pour parler des explosions. Quand je suis arrivé au bureau, mon frère m’a appelé. Il était à la station Maelbeek, dix minutes avant l’explosion. Quant à moi, il y a une semaine tout juste, j’étais à l’aéroport Zaventem. C’est dingue…

  • Comment les gens réagissent autour de vous ?

J’ai beaucoup de collègues qui ont été évacués du métro et ont réussi à rejoindre le bureau. Les gens pensent d’abord à leurs proches, à leurs enfants. Ils sont sous le choc. Tout le monde s’inquiète. Je n’arrive pas à répondre à tous les messages que m’envoient mes amis sur Facebook pour les rassurer.

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En même temps, les gens sont très énervés contre la police et le gouvernement. L’un de mes collègues a réagi en disant que c’était la conséquence de dix ans de laxisme. Je crains que la politique d’intégration en souffre. Quand Jan Jambon [le ministre de l’Intérieur] parle de « nettoyer » Molenbeek, cela ne semble choquer personne.