Attentats de novembre: La police peut-elle espérer rattraper Najim Laachraoui rapidement?

TERRORISME L’identité de Najim Laachraoui a été confirmée ce lundi et un mandat d’arrêt à son nom a été émis. Son rôle exact dans les attentats de novembre reste à déterminer…

W.P
— 
Najim Laachraoui a été vu en train d'effectue un transfert d'argent dans une agence Western Union de la région de Bruxelles.
Najim Laachraoui a été vu en train d'effectue un transfert d'argent dans une agence Western Union de la région de Bruxelles. — AP/SIPA

C’est une grande avancée pour l’enquête sur les attentats du 13 novembre 2015. D’après une source proche de l’enquête, l’ADN de Najim Laachraoui, dernier complice identifié dans l’enquête sur les attentats de novembre à Paris, a été retrouvé sur « du matériel explosif utilisé lors des attaques », dans la maison louée à Auvelais, ainsi que dans l’appartement de Schaerbeek. De nationalité belge, le suspect qui se cachait derrière le faux nom de Soufiane Kayal fait donc l’objet d’un nouvel avis de recherche. Maintenant que Salah Abdeslam a été arrêté, il apparaît comme étant l’une des pièces du puzzle les plus importantes toujours en liberté. La question que l’on peut à présent se poser est de savoir si les autorités auront les moyens de l’appréhender aussi « rapidement » que l’a été Salah Abdeslam.

>> A lire aussi : Attentats de novembre: «En France, il y a 244 procédures en cours» pour terrorisme

Oui, s’il a simplement eu un rôle similaire à celui d’Abdeslam ou de Belkaïd

Parti en Syrie en février 2013, contrôlé avec Abdeslam à la frontière austro-hongroise, Najim Laachraoui fait l’objet d’un mandat d’arrêt international depuis le 18 mars 2014. Malgré cela, il a pu retourner sans peine en Belgique. En septembre 2015, c’est à nouveau Salah Abdeslam qui était allé le chercher, en même temps que Mohammed Belkaïd. Ces deux derniers, alors connus sous de faux noms, ont probablement reçu le même SMS de la part des terroristes, juste avant les attentats. « On est parti, on commence. » Laachraoui se trouvait, à l’instar de Belkaïd, a priori en Belgique au moment des attentats, ce qui peut laisser croire qu’il tenait un rôle similaire à celui de Belkaïd, suspecté d’avoir été un logisticien des attentats du 13 novembre. Autrement dit, un poste important pour l’exécution des actes terroristes, mais pas forcément pour Daesh, qui n’aurait pas grand intérêt à le récupérer en Syrie. Si tel était son rôle, Laachraoui pourrait donc être toujours en Europe, et possiblement en Belgique.

>> A lire aussi : Attentats de novembre: L'ADN du dernier complice identifié trouvé sur des ceintures d'explosifs

Probablement pas, s’il est réellement l’artificier des attentats de Paris

L’autre hypothèse part du principe que le suspect belge serait l’artificier des auteurs des attentats du 13 novembre 2015. Outre les traces d’ADN de Najim Laachraoui trouvées sur deux ceintures explosives utilisées au Bataclan et aux abords du Stade de France, ainsi que dans les planques qui pourraient correspondre au lieu où ont été confectionnées lesdites ceintures, les connaissances en électromécanique du « nouveau » suspect donnent du crédit à cette thèse. Si cela venait à se confirmer, il est très peu probable que Laachraoui se trouve encore en Belgique, voire en Europe. Dans un article datant du 15 novembre, l’islamologue et spécialiste des mouvements radicaux, Mathieu Guidère, expliquait que « l’artificier est en général le numéro 2 d’un groupe, juste derrière l’émir ». Et d’ajouter que « ce sont des individus très protégés. Bien souvent des diplômés qui ont fait des études poussées en chimie et qui ont basculé à un moment donné. » Autrement dit, un profil rare.