Le Premier ministre français Manuel Valls lors de la deuxième réunion de l'
Le Premier ministre français Manuel Valls lors de la deuxième réunion de l' — MIGUEL MEDINA / AFP

RELIGION

Contre la radicalisation, Valls prône un «islam fort»

Pour le Premier ministre, il faut comprendre les mécanismes qui font que des individus basculent dans cette forme d’hyperviolence…

Il faut « bien sûr chercher à comprendre » ce qui mène à la radicalisation djihadiste, a affirmé ce lundi Manuel Valls, en ouverture de la 2e « instance de dialogue avec l’islam de France ». « Ce qui ne veut pas dire chercher je ne sais quelle explication », a toutefois averti le Premier ministre.

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Une forme d’hyperviolence

« C’est un phénomène complexe et protéiforme, et les sciences sociales ont bien sûr un rôle à jouer pour comprendre, analyser, décortiquer les mécanismes qui font que des individus basculent dans cette forme d’hyperviolence, de négation de l’autre, de nihilisme », a souligné le chef du gouvernement.

Après les attentats du 13 novembre, qui ont fait  130 morts à Paris et Saint-Denis, Manuel Valls avait déclaré qu'« expliquer [de tels actes], c’est déjà vouloir un peu excuser ». Il s’était attiré de vives critiques politiques et dans le champ des sciences sociales, une tribune de chercheurs lui rétorquant que « la sociologie, ce n’est pas la culture de l’excuse ».

Eteindre la polémique

« J’ai dit un jour à l’Assemblée nationale ce que je pensais sur ces questions-là, j’ai tout de suite vu la polémique », a relevé ce lundi le Premier ministre dans son discours Place Beauvau, devant quelque 150 responsables musulmans, militants associatifs, acteurs de terrain et chercheurs.

« Moi, je crois au travail des chercheurs, des experts, des sciences sociales. Je rencontre beaucoup de ceux qui réfléchissent sur ces questions-là. Mais je m’adresse aussi à l’opinion publique (…), qui non seulement cherche des explications, mais veut des réponses. Il faut d’abord et surtout la combattre, cette hyperviolence », a-t-il nuancé.

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« Pas de circonstances atténuantes »

« Il faut bien sûr chercher à comprendre, ce qui ne veut pas dire chercher je ne sais quelle explication », a-t-il martelé, faisant valoir que « les terroristes sont responsables de leurs actes, ils n’ont pas de circonstances atténuantes, ce sont des individus libres, qui avaient le choix ».

« Sinon ça veut dire que tout jeune qui est en difficulté, qui se cherche, pourrait basculer dans le terrorisme, ce serait totalement inacceptable comme explication. Ils [les terroristes] ont fait le choix de prendre des armes (…), ils déchirent ce pacte qui fait que nous vivons ensemble », a-t-il enchaîné.

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« Promouvoir un islam fort »

« Lutter contre la radicalisation, c’est promouvoir un islam fort, républicain et professionnel, organisé », a encore estimé le Premier ministre, en rappelant à ses interlocuteurs « la responsabilité majeure qui est la vôtre ».

« Il y a plus que jamais urgence », a-t-il conclu. Il a souligné l’ampleur du travail à mener, avec « plus de 2 000 Français ou résidents en France très directement concernés par les filières syriennes ou irakiennes », sans compter « des milliers de jeunes individus dans nos quartiers qui sont de près ou de loin séduits par cette radicalisation ». Près de 1 600 jeunes tentés par le départ pour le djihad irako-syrien sont suivis par les cellules préfectorales, liées par conventions à diverses associations.