Meurtre d'Aurélie Châtelain: Qu'a donné la reconstitution?

ENQUETE Sid Ahmed Ghlam, est soupçonné d’avoir tué la jeune femme à Villejuif alors qu’il projetait un attentat…

D.B. avec AFP
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La reconstitution à Villejuif le 20/03/2016.
La reconstitution à Villejuif le 20/03/2016. — DOMINIQUE FAGET / AFP

La reconstitution a duré six heures au lieu des 3 heures 30 prévues. Près d’un an après le meurtre d’Aurélie Châtelain, policiers et magistrat ont procédé dimanche à Villejuif à une reconstitution en présence du principal suspect, Sid Ahmed Ghlam, soupçonné d’avoir tué la jeune femme alors qu’il projetait un attentat dans une église.

« On a appris beaucoup de choses qui confirment ce qu’on pense déjà quant à la responsabilité de ce monsieur », a affirmé l’avocat de la famille d’Aurélie Châtelain, Me Antoine Casubolo Ferro, à l’issue de cette reconstitution. De son côté l’avocat de Sid Ahmed Ghlam a décrit une reconstitution menée « de manière très précise, très minutieuse ». « Tout a été vérifié point par point. Cela a permis de conforter ce qui a été indiqué par M. Ghlam depuis le départ de cette procédure et notamment qu’il n’était pas responsable du décès de cette malheureuse personne », a ajouté Me Christian Benoît.

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Des membres de la famille présents

Peu avant 8 h, deux véhicules, dont celui de la victime, avaient été transportés sur les lieux. La rue, proche de l’institut de cancérologie Gustave-Roussy à Villejuif (Val-de-Marne), où la jeune femme avait été retrouvée, avait été bouclée, a constaté un journaliste de l’AFP.

Des membres de la famille d’Aurélie Châtelain étaient présents, selon leur avocat, pour « comprendre pourquoi on l’a tuée et comment ». La reconstitution a renforcé « une certitude, si elle avait besoin d’être renforcée. C’est tellement incohérent ses déclarations », a-t-il affirmé à la presse.

Des points qui confirment la présence de Ghlam le jour J

De nombreux indices le confondent dans ce meurtre et dans le projet d’attentat avorté : son arsenal, son ADN retrouvé dans le véhicule de la jeune femme, du matériel informatique et téléphonique laissant supposer une attaque imminente, notamment un message lui disant de trouver « une église avec du monde ».

De l’ADN d’Aurélie Châtelain avait été également mis en évidence sur la parka que portait Ghlam et les expertises balistiques ont montré que la balle avait été très probablement tirée depuis son pistolet Sphinx.

Des dépositions tous azimut

Cette reconstitution était importante, d’autant que Sid Ahmed Ghlam a varié dans ses déclarations depuis son arrestation. En garde à vue, il livre aux enquêteurs une thèse rocambolesque : il aurait trouvé les armes par hasard et voulu s’en débarrasser dans la Seine, avant de se blesser accidentellement.

Deux mois plus tard, il se présente comme un jeune naïf embrigadé par le groupe État islamique et missionné pour commettre un attentat depuis la Turquie, où il s’était rendu à deux reprises, en 2014 et début 2015. Il accuse un complice, Abou Hamza, jamais retrouvé depuis, d’avoir volé la voiture d’Aurélie Châtelain et de l’avoir tuée alors qu’ils devaient se rendre dans l’église de Villejuif, mais seulement pour faire peur aux fidèles.

A-t-il eu un complice ?

Récemment, il a affirmé que ce complice était l’un des kamikazes du Bataclan, Samy Amimour, qu’il aurait reconnu à la télévision après les attentats parisiens du 13 novembre. La thèse d’un second tueur paraît « inenvisageable », selon une source proche de l’enquête.

Des témoins ont évoqué la présence de deux véhicules au moment des faits, mais leurs témoignages ne concordent pas et ne sont pas corroborés. Dans l’enquête sur le soutien logistique dont a pu bénéficier Sid Ahmed Ghlam, quatre personnes ont par ailleurs été mises en examen.