Arrestation de Salah Abdeslam: Des victimes des attentats se disent soulagées

TERRORISME Les victimes et leurs proches sont satisfaits que le suspect clé des attentats du 13 novembre puisse être traduit en justice…

20 Minutes avec AFP

— 

Des policiers belges bloquent l'accès où se déroule l'assaut dans le quartier de Molenbeek à Bruxelles, en Belgique le 18 mars 2016.
Des policiers belges bloquent l'accès où se déroule l'assaut dans le quartier de Molenbeek à Bruxelles, en Belgique le 18 mars 2016. — JAN NAGELS/AFP

Certaines victimes des attentats du 13 novembre, ainsi que leurs proches, se sont dits satisfaits de l’arrestation de Salah Abdeslam ce vendredi à Molenbeek, près de Bruxelles, en Belgique. « On est satisfait de savoir qu’il a été capturé vivant », a dit Georges Salines, président de l’association « 13 Novembre : Fraternité et Vérité ».

Le suspect clé des attentats du 13 novembre pourra donc être traduit en justice. « On va pouvoir avoir un vrai procès, avec quelqu’un dont il n’est pas douteux qu’il a participé aux attentats », dit à l’AFP ce médecin, dont la fille a été tuée au Bataclan, comme 89 autres personnes.

>> A lire aussi : Salah Abdeslam se trouvait-il aussi dans l'appartement de Forest le jour de la fusillade ?

Après plus de quatre mois de cavale, Salah Abdeslam, 26 ans, a été arrêté lors d’une opération policière à Molenbeek, la commune populaire de Bruxelles d’où il est originaire. Ce Français d’origine marocaine, petit délinquant radicalisé, a été blessé à la jambe lors de son interpellation. « Jusqu’à présent, on n’avait que des seconds couteaux » qui comparaissaient devant les tribunaux français, observe Aurélia Gilbert, également membre de l’association « 13 Novembre : Fraternité et Vérité ».

Un « soulagement »

« Là, on a quelqu’un de présent sur le site. Les victimes de terrasses et leurs proches vont avoir quelqu’un à juger », affirme-t-elle. Cette salariée du Bataclan ne cache pas son « soulagement ». « On est content qu’il ne soit pas retourné en Syrie pour être aussi abattu par un drone américain. On est une démocratie et il y aura un procès. »

Informée par l’AFP de l’interpellation d’Abdeslam, Sylvie, blessée au stade de France, hurle : « Super ! »

>> A lire aussi : Quatre mois après, les victimes du Stade de France se sentent comme «les oubliés»

« Pouvoir en savoir plus »

« Au moins il y a quelqu’un de vivant, qui était prêt à passer à l’acte. On va peut-être enfin pouvoir en savoir plus », lâche-t-elle. « Ca veut dire qu’il pourra répondre de ses actes », souligne Caroline Langlade, vice-présidente de «Life for Paris », une autre association de victimes.

« Il est important qu’il y ait quelqu’un de vivant au procès sur le banc des accusés. Cela va donner un tout autre sens » au travail de la justice, note-t-elle.

« Essayer de comprendre »

L’intérêt, pour celle qui était parmi le public dans la salle de spectacle le soir de l’attaque, sera d'« essayer de comprendre ce qui peut se passer dans la tête de cette jeunesse française et belge qui se radicalise ».

Pour elle, cette interpellation montre aussi que l’Etat « ne laisse pas faire » et que les polices française et belge peuvent « travailler ensemble ».

Les attaques djihadistes du 13 novembre ont fait 130 morts et plusieurs centaines de blessés à Paris et Saint-Denis. Plus de 4.000 personnes sont considérées comme des victimes de ces attentats, les plus meurtriers de l’histoire de France.