Attentats de novembre: L'intervention des policiers au Bataclan jugée «efficace»

TERRORISME Cette intervention est parfois critiquée par les familles des victimes...

Clémence Apetogbor

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Le Bataclan, après les attentats du 13 novembre 2015.
Le Bataclan, après les attentats du 13 novembre 2015. — Miguel MEDINA

L’intervention de la police au Bataclan, le soir du 13 novembre, a été saluée ce jeudi par des membres de la commission d’enquête parlementaire.

Cette intervention, qui a eu lieu « un quart d’heure » après le début de la tuerie, est parfois critiquée par les victimes. Les attentats du 13 novembre, qui ont frappé huit sites à Paris et Saint-Denis, ont fait 130 morts et plusieurs centaines de blessés. Le nombre total de victimes, physiques ou psychologiques, est estimé à 4.000.

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Rivalités entre police et justice ?

Ce jeudi, dans la matinée, une délégation de la commission d’enquête sur les « moyens mis en oeuvre par l’Etat pour lutter contre le terrorisme » depuis les attentats de janvier 2015 a arpenté pendant deux heures la salle de concert, « pour comprendre la chronologie » de l’horreur.

Et sans doute aussi pour répondre aux critiques qui fusent, du côté des familles des victimes, sur le « manque d’information », les « rivalités » supposées entre services de sécurité et justice, « l’absence de communication » de la commission.

« Fiers de nos forces d’intervention »

« On peut être fier de nos forces d’intervention. Notre sentiment est que les services ont fonctionné comme il fallait. A partir du moment où un policier a tué un des terroristes, il n’y a plus eu de nouvelle personne tuée », a déclaré à la presse le député Meyer Habib (UDI) à l’issue d’une visite fermée à la presse.

Peu avant lui, un autre député et ancien chef de la lutte antiterroriste au parquet de Paris, Alain Marsaud (LR), avait expliqué : « On a reconstitué, minute par minute, les événements. D’abord au rez-de-chaussée puis à l’étage. Je suis un ancien de ces services (antiterroristes). Je n’imaginais pas qu’on soit capable d’intervenir avec cette rapidité et cette efficacité à Paris. »

"Artificielle guerre des polices"

« Il leur a fallu deux heures pour arriver jusqu’à la fin de la progression (et donner l’assaut), mais un quart d’heure pour que les premiers policiers fassent évacuer les premières victimes », a-t-il souligné, rejetant l’idée d’une « artificielle guerre entre polices ».

Au Bataclan, où 90 personnes sont mortes, les djihadistes sont entrés à 21H42 - selon un SMS envoyé par l’un d’eux vers la Belgique -, un commissaire de la Brigade anticriminalité (BAC) entre à 22H00 et tire sur un des kamikazes, dont le gilet explose. La BRI (Brigade de recherche et d’intervention) arrive à 22H15, rapidement suivie du Raid, autre corps d’élite de la police. L’assaut final est donné à 00H18, selon les enquêteurs.

« Il faut du temps pour sécuriser les lieux. Les terroristes pouvaient se faire sauter. Il y avait des gens dans la fosse, des morts, des blessés, c’était terrible mais ils ont fait leur travail », a estimé Meyer Habib.

Les familles s’interrogent

« Nous ne savons toujours pas à quelle heure nos enfants sont décédés. Sur le certificat (de décès), on a "entre le 13 et le 14 novembre". On ne sait pas quand les secours sont arrivés », a déclaré Nadine Ribet-Reinhart, dont le fils de 26 ans, Valentin, est mort au Bataclan.

Elle est arrivée, furieuse et triste, dès 9h30, pour dénoncer « une parodie scandaleuse » de justice, ayant tout juste appris à la radio qu’une « reconstitution » allait avoir lieu, « sans avocat, sans partie civile, sans victime ».

Faire toute la lumière

« Notre but est de faire toute la lumière. C’est bien pour les victimes que nous travaillons », lui a répondu le président de la commission parlementaire, Georges Fenech (LR).

Avant le début de la visite, le député a expliqué qu’il ne s’agissait « pas d’une reconstitution, qui relève de la justice », mais de chercher à tracer une chronologie pour comprendre, en présence de policiers, « pourquoi il a fallu trois heures entre la première attaque et (la fin de) l’intervention, trois heures pour extraire les dernières victimes ».

« On a d’abord entendu les victimes. On nous aurait reproché de ne pas être allés au Bataclan », a observé le député PS Sébastien Pietrasanta, rapporteur de la commission, qui devrait rendre son rapport en juillet.