Deux gendarmes présentés à un juge pour «escroquerie en bande organisée»

JUSTICE L'affaire impliquerait deux gendarmes, un lieutenant et un major...

C. A.

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Paris le 24 avril 2012. Bd du palais. Tribunal de grande instance. TGI. Palais de justice de Paris.
Paris le 24 avril 2012. Bd du palais. Tribunal de grande instance. TGI. Palais de justice de Paris. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Selon la chaîne d’information I-TELE, quatre personnes, dont deux gendarmes, ont été présentées ce jeudi à un juge du pôle financier du tribunal de grande instance de Paris (TGI) pour « abus de confiance », « faux », « usurpation de titre ».

Les deux individus sont un lieutenant passé par la section de recherche (SR) de Paris et un major. Une enquête préliminaire ouverte depuis près d’un an par le parquet de Paris, et confiée à l’Inspection générale de la gendarmerie (IGGN), a permis de mettre au jour une escroquerie. Elle portait sur des adjudications, des ventes aux enchères de biens ayant fait l’objet d’une saisie judiciaire.

Plus de 300.000 euros investis

A l'origine de l'affaire, deux hommes avaient porté plainte en affirmant qu'un escroc leur avait fait miroiter de belles affaires immobilières sur des biens saisis par la justice, à condition de lui remettre une partie de la transaction en liquide.

Selon la plainte déposée fin avril 2015, des rendez-vous auraient été organisés aux palais de justice de Paris et de Bobigny entre l'intermédiaire accusé d'être un escroc, des vendeurs et des hommes présentés comme des avocats.

Dans la plainte, l'une des deux victimes présumées dit avoir investi plus de 300.000 euros dans une transaction et avoir versé 10% en espèces à l'intermédiaire.

Vrai gendarme, faux avocat

La chaîne rapporte que le lieutenant de gendarmerie, aujourd’hui en poste à Grasse et très bien évalué par sa hiérarchie, se faisait passer pour un avocat auprès de particuliers et leur proposait des biens immobiliers à des prix très attractifs.

Une fois que les victimes réglaient l’importante commission demandée par le gendarme et faux avocat, il s’évaporait dans la nature.

Un lieutenant également visé

De faux actes notariaux ont été saisis au cours des investigations. Le lieutenant est également visé par une autre plainte pour « faux en écriture publique » déposée par un trafiquant de drogue présumé.

Le parquet a requis le placement en détention provisoire de l’ensemble des tous les individus. Une information judiciaire a été ouverte au pôle financier du tribunal de grande instance de Paris.

Un enregistrement à charge

A l'appui de la plainte figurait un enregistrement daté de début 2013. On y entend l'un des plaignants et un homme, présenté comme un gendarme de la section de recherches de Paris. Ce dernier reconnaît que des collègues se sont déguisés en avocats, portant la robe, pour participer à des discussions sur des ventes aux palais de justice de Paris et de Bobigny.

Mais le gendarme explique sur cette bande qu'il s'agissait d'opérations d'infiltrations pour approcher de possibles voyous. Rien à voir avec une participation à une escroquerie, ajoute-t-il, se disant serein en cas d'enquête.