Des curistes se font masser par des jets d'eau dans un jacuzzi du centre de thalassothérapie de Ouistreham.
Des curistes se font masser par des jets d'eau dans un jacuzzi du centre de thalassothérapie de Ouistreham. — MYCHELE DANIAU / AFP

VACANCES

Mondial du tourisme: Les raisons du succès des séjours bien-être

A côté des centres de thalassothérapie et des stations thermales, les hôtels s’équipent de plus en plus d’espaces SPA…

« Là, tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté ». Tour comme Baudelaire en son temps, de plus en plus de Français sont en quête de moment de détente, de confort et d’évasion. Ce qui explique en partie le succès grandissant des séjours bien-être, qui se confirme au mondial du tourisme dont les portes ont ouvert ce jeudi. « Le marché sur ce segment a enregistré une croissance de 7 % en 2015 », constate Quentin Bacholle, directeur général d’Opodo France.

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Les séjours en thalassothérapie et en cure thermale font le plein. Selon des chiffres dévoilés en janvier par le Conseil national des établissements thermaux, en 2015, plus de 560.000 curistes (+2,5 %) ont séjourné dans les 89 stations thermales françaises. Mais « le bien-être devient aussi une composante de beaucoup de séjours, comme le montre l’avènement des croisières ou des randonnées qui prévoient des soins », constate Marianne Chandernagor. « Chez Opodo, nous proposons désormais 200 séjours prépackagés qui intègrent une offre bien être (soins, accès au sauna, au hammam à la salle de fitness, à la piscine et aux bains bouillonnants…) », explique Quentin Bacholle.

Prendre davantage soin de soi quand les temps sont durs

« Les Français veulent que les vacances ressemblent à une parenthèse enchantée et ont de plus en plus envie de se faire chouchouter. Ils veulent davantage prendre soin de leur corps, comme le montre par ailleurs,l’essor des salles de sport, de la consommation de produits biologiques », explique Marianne Chandernagor, directrice du mondial du tourisme. « Cela correspond aussi à une quête d’hédonisme dûe à la crise et à la sinistrose ambiance », ajoute Alain Capestan, président du tour-opérateur le Comptoir des Voyages. Une clientèle pour l’heure majoritairement féminine et plutôt senior, même si elle tend à s’élargir.

« C’est aussi l’offre qui entretient la demande car ces dernières années, les hôtels haut de gamme se sont massivement équipés d’espaces SPA », observe aussi Laurent Salanié, directeur général de Weekendesk, dont les séjours bien-être représentent désormais la moitié des ventes.

L’Hexagone en pointe sur ce créneau

Les hôteliers français se sont organisés pour répondre à cet engouement : « Beaucoup de clients optent pour des séjours bien-être de courte durée et apprécient de pouvoir trouver des hôtels avec des espaces SPA à proximité de chez eux. Nous proposons par exemple des week-ends de ce type à Melun Sénart aux parisiens, à 45 minutes de la capitale », indique Laurent Salanié. Et signe que l’offre gagne en qualité, la première norme Afnor pour les activités de SPA est née en 2014.

Quant à ceux qui veulent vraiment se dépayser, ils peuvent aussi piocher dans les formules qui leur sont proposéesà l’étranger. « A Izmir ou à Antalya en Turquie, ils peuvent bénéficier d’infrastructures de qualité à des tarifs compétitifs sur ce type de séjour. Tout comme à Budapest (Hongrie) », constate Quentin Bacholle. « La Thaïlande et le Vietnam sont aussi des destinations courues dans ce domaine », ajoute Marianne Chandernagor. Le Maroc, très réputé pour son offre de séjours détente, est quant à lui en perte de vitesse sur ce segment, en raison du contexte géopolitique.

Des séjours encore chers

Reste que ces séjours bien-être demeurent encore le plus souvent des produits élitistes. « Pour un séjour avec une option bien-être en juillet, il faut par exemple tabler sur 1.500 à 1.700 euros la semaine en Indonésie ou à Maurice, même si d’autres destinations comme la Tunisie ou Madère proposent des offres moins chères démarrant à 700 euros la semaine », indique Quentin Bacholle. Mais selon Laurent Salanié, l’offre se démocratise un peu en France, notamment sous le coup de la demande d’une clientèle jeune : « A Bagnoles de l’Orne en Normandie, on peut s’offrir par exemple, une nuit dans un hôtel avec accès à l’espace détente pour 70 euros », observe-t-il. Et les campings commencent même à offrir des soins à la carte.