Jeunes, femmes et diplômées... Qui sont les victimes de violences conjugales?

ETUDE Une enquête inédite dévoile les profils des victimes et des auteurs de violences au sein du couple...

20 Minutes avec agences

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Un homme a été interpellé trois fois en une semaine pour violences conjugales à Vesoul. (Illustration)
Un homme a été interpellé trois fois en une semaine pour violences conjugales à Vesoul. (Illustration) — A. GELEBART / 20 MINUTES

Une étude inédite de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) dévoile, ce mercredi, les profils des auteurs de violences au sein du couple.

Un observatoire qui propose une analyse des « profils des personnes de 18 à 75 ans » qui, entre 2008 et 2014, se sont déclarées victimes de violences physiques ou sexuelles et dont l’auteur (e) est le conjoint.

Les taux les plus élevés de violences visent des femmes diplômées

Se basant sur les résultats de ces enquêtes dites de « victimation » (« Cadre de vie et sécurité ») conduites avec la collaboration de l’Insee, l’ONDRP note ainsi que les femmes victimes de violences le sont le plus souvent de la part d’hommes plus âgés qu’elles (alors que c’est l’inverse chez les hommes).

 

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Si les « cas de figure » se révèlent « nombreux et variés », l’ONDRP ajoute que globalement, les taux les plus élevés de violences visent des femmes diplômées dont le conjoint l’est peu (et inversement pour les hommes). Autre enseignement de l’enquête : les femmes handicapées s’avèrent plus de deux fois plus souvent exposées aux violences conjugales que la moyenne (3,9 % contre 1,87 %).

17.000 ménages déclarent chaque année avoir subi des faits de délinquance

Les résultats de ces enquêtes de « victimation » tranchent sur les chiffres officiels de la délinquance, basés notamment sur les plaintes effectives des Français. En matière de violences conjugales ou intrafamiliales, les taux de plaintes sont souvent très bas en France, estime ainsi l’ONDRP.

Chaque année, quelque 17.000 ménages représentatifs sont donc interrogés sur des faits de délinquance qu’ils déclarent avoir subis. Mais pour lesquels ils ne portent pas systématiquement plainte. Parmi eux, la proportion d’hommes de 18 à 75 ans victimes de violences physiques ou sexuelles ces deux dernières années est de 8,2 ‰, tandis que pour les femmes elle est de 18,7 ‰. Autrement dit, les femmes sont bel et bien les premières touchées par les violences conjugales.

 

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En 2014, 118 femmes et 24 hommes étaient tués par leur conjoint

« Hommes et femmes ne sont pas confrontés à la même chose, commente Cyril Rizk, responsable des statistiques à l’ONDRP cité par Le Monde. Près de 50 % des femmes victimes disent avoir subi trois actes de violence ou plus sur deux ans, et plus de 45 % ont subi au moins un acte avant la période de l’enquête. C’est une violence chronique. Alors que chez les hommes victimes, c’est l’acte unique qui est majoritaire. »

Pour l’ONDRP, une minorité des faits déclarés sont des cas de violences sexuelles. Reste qu’en 2014, 118 femmes et 24 hommes étaient tués par leur conjoint.