Grève: Les inspecteurs du permis de conduire débrayent ce mardi

TRANSPORTS Les trois organisations syndicales se retrouvent autour des craintes sur la mission des inspecteurs et délégués du permis, alors que le Code de la route est réformé…

20 Minutes avec AFP

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Illustration d'un cours de conduite à un conducteur avec un moniteur d'une auto-école.
Illustration d'un cours de conduite à un conducteur avec un moniteur d'une auto-école. — SERGE POUZET/SIPA

Après l’opération-escargot organisée par les auto-écoles début février pour réclamer le report de la nouvelle épreuve du code, c’était au tour des inspecteurs du permis de conduire de montrer leur mécontentement avec une journée de grève ce mardi. La moitié des inspecteurs du permis de conduire ont participé au mouvement, a annoncé le principal syndicat de la profession Snicat-FO.

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Les trois syndicats d’inspecteurs et délégués du permis de conduire avaient appellé à la grève avec pour dénominateur commun la lutte contre une « privatisation de l’examen du code » qu’ils jugent dangereuse pour leur profession et les candidats.

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Le Snica-FO et l’Unsa-Saneer se sont prononcé en faveur d'une grève reconductible, tandis que le SNPTAS-CGT n’appellait qu’à 24 h de mouvement. Un rassemblement est également prévu jeudi devant la Délégation à la sécurité et à la circulation routières (DSCR) à Paris.

Contre l’externalisation 

Dans le cadre de la réforme du permis de conduire, le gouvernement a notamment confié,la surveillance des examens du code à un prestataire extérieur, afin que les inspecteurs puissent se consacrer à l’examen pratique et que les délais pour passer ou repasser le permis soient ainsi raccourcis. Cette externalisation, qui devrait entrer en vigueur d’ici septembre, sera financée par une somme de 30 euros payée par les candidats à chaque passage.

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« La réforme initiée en juin 2014 continue à détruire méthodiquement le service public », déplore dans un communiqué le Snica-FO. « La privatisation de l’examen du code de la route c’est, dès demain, un examen de code payant pour une jeunesse désargentée ! La seule réponse républicaine et responsable, ce sont des examens publics et gratuits dans toutes les catégories de permis ».

Une auto-école, le 6 février 2015
Une auto-école, le 6 février 2015 - Baleydier/SIPA

« On ouvre la boîte de Pandore »

« L’externalisation porte sur le code de la route, mais aussi sur l’examen poids lourds et on ouvre maintenant la boîte de Pandore en donnant la possibilité à des postiers de se former pour faire passer l’examen pratique du permis B. On va doucement vers une privatisation », ajoute Christophe Nauwelaers, secrétaire général de l’Unsa-Saneer.

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Face à une « uberisation » en cours, les syndicats réclament aussi plus de contrôles des auto-écoles et des centres de récupération de points, car « le service public doit être le garant de la fiabilité de la formation », estime Laurent Deville, secrétaire général adjoint du Snica-FO.

L’Unsa et la CGT pointent également un régime indemnitaire toujours « insuffisant » dans la profession.