Loi travail: Retrait, révision... Que veulent vraiment les organisations étudiantes et lycéennes?

REFORME Reçues ce vendredi par Manuel Valls, les unes demandent le retrait du projet de loi, les autres seulement des concessions...

Delphine Bancaud
— 
William Martinet, le 11 mars 2016 à Matignon. AFP PHOTO / THOMAS SAMSON
William Martinet, le 11 mars 2016 à Matignon. AFP PHOTO / THOMAS SAMSON — AFP

Ils vont enfin pouvoir défendre les intérêts des jeunes auprès du gouvernement. Les organisations étudiantes et lycéennes rencontrent ce vendredi le Premier ministre Manuel Valls, la ministre du Travail Myriam El Khomri et le ministre de l’Economie Emmanuel Macron autour du projet de loi travail. Leur but : tenter de décrocher des aménagements du texte. Mais toutes ne demandent pas la même chose. 20 Minutes fait le point sur leurs positions.

>> A lire aussi : Qui sont les porte-drapeaux de la jeunesse aujourd'hui?

L’Unef, la Fidl, l’UNL, le SGL réclament le retrait du texte

Très ferme depuis le début sur le projet de loi El Khomri, le premier syndicat étudiant souhaite tout bonnement qu’il disparaisse. Il rejette en bloc les dispositions sur le temps de travail, les heures supplémentaires,   les conditions d’emploi des apprentis, le plafonnement des indemnités prudhommales… Le président de l’organisation étudiante, William Martinet, est venu à Matignon avec des « contre-propositions ». Parmi celles-ci :  la taxation du CDD, l’accès au RSA socle pour les moins de 25 ans, et la reconnaissance des diplômes par les conventions collectives d’entreprise pour assurer un salaire qui correspond aux qualifications. Le syndicat a par ailleurs appelé à une « nouvelle journée d’action » le jeudi 17 mars prochain. Ses revendications ne semblent pas pour l’heure avoir obtenu gain de causes : « le désaccord de fond reste entier » a déclaré ce vendredi William Martinet après les discussions avec Manuel Valls.

Les trois organisations lycéennes, la Fidl, l’UNL, le SGL, reçues ensemble, demandent aussi le retrait. L’UNL réclame aussi « une rémunération et des droits à la hauteur du poste occupé pour les apprentis et les stagiaires, un budget qui permettra à la jeunesse d’avoir accès à une éducation de qualité pour préparer son avenir et le CDI comme norme d’emploi », explique l’organisation  dans un communiqué.

 

>> A lire aussi : Le mouvement contestataire peut-il s'amplifier?

La Fage plaide pour une révision du texte

L’organisation étudiante Fage ne demande pas un retrait intégral du projet de loi, mais celui de trois volets importants : les dispositions sur les motifs de licenciement économique, les mesures renforçant le pouvoir unilatéral de l’employeur dans l’aménagement du temps de travail, ainsi que le retrait du barème sur les indemnités prud’homales afin de revenir au droit existant.

Mais il ne suffit pas pour la Fage de « purger le texte de ses dispositions régressives », explique-t-elle dans un communiqué. Elle propose donc aussi au gouvernement « la généralisation de la Garantie Jeune, qui fait ses preuves en termes de lutte contre le décrochage et de retour à l’emploi, et le renforcement du Compte personnel d’activité, notamment de son volet formation ». La Fage appelle aussi les jeunes à participer, dans toutes les villes de France aux rassemblements citoyens du samedi 12 mars.