Attentats de novembre: Hasna Ait Boulahcen «était juste un peu perdue» selon sa sœur

TERRORISME Pour la première fois, la sœur d’Hasna Ait boulahcen, tuée dans l'assaut de Saint-Denis, témoigne dans Le Parisien ce jeudi…

L.C.

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Capture d'écran d'une vidéo du Parisien montrant Hasna Ait Boulahcen, la jeune femme soupçonnée de s'être fait exploser à Saint-Denis.
Capture d'écran d'une vidéo du Parisien montrant Hasna Ait Boulahcen, la jeune femme soupçonnée de s'être fait exploser à Saint-Denis. — Le Parisien

La sœur d’Hasna Ait boulahcen dresse un portrait étonnant de la jeune femme dans Le Parisien ce jeudi. Djamila (le prénom a été changé) s’exprime pour la première fois dans la presse depuis la mort de sa sœur, tuée avec son cousin Abdelhamid Abaaoud le 18 novembre 2015 dans l’assaut du Raid à Saint-Denis. Elle décrit une jeune femme aimant la fête, assez fragile, qui aurait été manipulée par son cousin, « un monstre, capable de tout ».

« Pour moi, Hasna a été victime de notre cousin »

Effondrée après avoir appris la mort d’Hasna Aitboulahcen, Djamila veut désormais connaître les « circonstances précises » de la mort de sa grande sœur, qu’elle souhaite pouvoir inhumer en France. « Elle ne voulait pas mourir et elle n’aurait jamais fait de mal à quelqu’un. Elle était juste un peu perdue mais ce n’était pas une terroriste », affirme-t-elle.

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Pour Djamila, Hasna s’est fait manipuler par son cousin, qui a orchestré les attentats du 13 novembre. Abdelhamid Abaaoud l’aurait « menacée de tuer d’autres personnes si elle ne faisait pas ce qu’il voulait. Pour moi, Hasna a été victime de notre cousin. Elle a été contrainte de lui trouver cet appartement à Saint-Denis », poursuit-elle.

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Une jeune femme qui aimait la fête

Djamila décrit une petite fille « joyeuse et très gentille », multipliant les activités sportives. Maltraitées par leur mère, les deux sœurs sont séparées et placées en famille d’accueil pendant quatre ans. A l’adolescence, elles se retrouvent. « On allait en boîte de nuit ensemble », raconte Djamila. Sa sœur aimait les soirées « en mode vodka, à boire des mojitos dans un bar près de Bastille », à Paris. « Quand elle dansait, elle se faisait tout le temps draguer. Elle était coquette, portait des talons. C’était une jeune fille de son époque, bien dans sa peau », et aussi « un peu garçon manqué », se souvient-elle.

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A l’âge adulte, les deux sœurs s’étaient un peu éloignées, Djamila réprouvant son port du niqab et les photos de Ben Laden qu’Hasna publiait sur Facebook. « Je me dis qu’à travers la religion, Hasna avait trouvé une façon d’exister. Elle voulait se donner une identité, une image », estime-t-elle aujourd’hui.