Loi travail: Qui sont les portes drapeaux de la jeunesse aujourd'hui?

LOI EL KHOMRI Martinet, Lucas, Leroy, Mokhtar...Ils ont réussi à mobiliser une partie des jeunes contre la réforme du Code du travail...

Delphine Bancaud

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William Martinet, le president de l'Unef. AFP / Geoffroy Van der Hasselt Lancer le diaporama
William Martinet, le president de l'Unef. AFP / Geoffroy Van der Hasselt — AFP

Leurs visages et leurs noms s’affichent dans les médias. Et ils sont en première ligne ce mercredi lors de cette première journée d’action contre le projet de loi El Khomri. Mais qui sont donc les porte-drapeaux actuels de la jeunesse ? 20 Minutes fait le point.

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William Martinet, président de l’Unef 

Elu en 2013 à la tête du premier syndicat étudiant, cet étudiant de 27 ans déjà titulaire d’une licence de biologie, a du mal à boucler son master d’économie sociale et solidaire en raison de ses responsabilités à l’Unef. Fils de parents infirmiers, il est engagé dans le militantisme depuis dix ans, sa première lutte sociale ayant été la contestation du CPE (contrat première embauche) en 2006. A l’époque, il était encore lycéen et il jonglait entre deux univers : « La journée, au lycée versaillais avec de petits bourgeois et le soir à table avec une mère infirmière qui travaille aux urgences de l’hôpital public et raconte un peu la misère du monde. », raconte-t-il au Point. Ses convictions l’amènent aussi à donner des cours aux sans papiers et à œuvrer pour les Restos du cœur. A l’Unef (Union nationale des étudiants de France), le jeune homme s’investit à plein et se révèle fin négociateur. C’est « un partenaire exigeant, ferme sur ses positions », dit de lui, le président de la Conférence des présidents d’université, Jean-Loup Salzmann dans Le Point. Et à ceux qui suspectent l’Unef de soutenir le gouvernement coûte que coûte, Martinet oppose son indépendance et n’hésite pas à prendre parti contre l’état d’urgence, la déchéance de nationalité et la loi El Khomri. Il ne rechigne pas non plus à s’empoigner sur Twitter avec le chef de cabinet de Manuel Valls !

Alexandre Leroy, président de la Fage 

Moins médiatique que William Martinet, cet étudiant en master de management de 26 ans, titulaire d’une licence de lettres modernes et d’une licence d’histoire, n'en est pas moins compétent sur les questions relatives à la jeunesse « Les étudiants nous font confiance et ça m’intéresse plus que les médias », déclare-t-il à 20 Minutes. Originaire d’Angers, fils d’un conducteur routier et d’une patronne de PME, Alexandre Leroy s’est engagé dans plusieurs associations avant de tomber dans le militantisme étudiant en 2010. « J’ai compris que l’engagement collectif pouvait changer les choses. Et que l’accès à l’éducation pour tous était central », nous confie-t-il. Elu à la tête de le Fage (Fédération des associations générales étudiantes) en septembre 2014, il a été reconduit à cette fonction à la rentrée 2015. Précis sur les dossiers, il se félicite d’avoir contribué avec d’autres organisations étudiantes à obtenir l’augmentation des bourses étudiantes, l’instauration d’une année de césure à l’université, la généralisation du service civique… Concernant le projet de loi travail, il ne réclame pas son retrait, mais son aménagement. « Si on ne fait rien, cela n’aidera pas les jeunes à accéder à un emploi pérenne. Le texte apporte quelques réponses, mais il faut retirer les mesures ultra agressives qui vont précariser les jeunes », nous explique-t-il.

Samya Mokthar, présidente de l’UNL 

C’est la benjamine des figures de proue de la contestation de la loi El Khomri. Cette jeune fille de 18 ans, élue présidente de l’UNL (Union nationale des lycéens) en avril 2015, ne semble pas pour autant impressionnée, comme le montre ses interventions médiatiques.

En première année de BTS communication par correspondance, Samya Mokthar, originaire de Manosque, s’est fait remarqué au sein de l’UNL avant d’en devenir présidente. Elle a été notamment à l’initiative du travail de l’organisation lycéenne dans la lutte contre le harcèlement scolaire. Dans le débat actuel sur le projet de loi El Khomri, elle réclame retrait du projet de loi Travail. « Nous, lycéen (ne) s, étudiant(e) s, jeunes chômeurs, sommes déjà précaires pendant nos études et notre insertion professionnelle, il faudrait maintenant que nous acceptions d’être précaires à vie ! », déclare-t-elle dans un communiqué.

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Benjamin Lucas, président du MJS 

Elu en décembre dernier, à la tête du mouvement des jeunes socialistes, proche de l’aile gauche du PS, ce jeune homme de 26 ans, a déjà eu le droit à son portrait dans Libération. Fils d’enseignant et orginaire d’Amiens, c’est en 2006, lors de la contestation contre le CPE qu’il commence à militer ; à 15 ans, il convainc ses camarades d’organiser le blocus du lycée. Un engagement qui ne le lâchera plus. « Attaché à la Picardie, il a fait de la lutte contre le Front National une priorité de son engagement militant, dans un territoire où l’extrême droite atteint des hauts niveaux électoraux », indique un communiqué du MJS.

Depuis qu’il est devenu président du MJS, il a quelque peu laissé de côté ses études de droit. Très à l’aise face aux caméras, Benjamin Lucas démontre un talent oratoire certain. Opposé à la ligne politique de Manuel Valls, il ne rate jamais une occasion de lui voler dans les plumes. « Il est urgent de stopper la dérive libérale et la surenchère sécuritaire », déclare-t-il ainsi dans Libération. Dans le débat actuel, il ne transige pas et réclame purement et simplement le retrait du projet de loi El Khomri.

le retrait du projet de loi El Khomri.

Pas question pour autant de laisser penser à ses interlocuteurs qu’il profite de sa notoriété grandissante pour asseoir son avenir politique. « J’étais pion avant de redevenir président des Jeunes socialistes, j’aspire à le redevenir après », assure-t-il l dans Le Courrier Picard.