«Bruits de chiottes», «craché ma race», « greffage de couilles»: La Défense de la langue française corrige les politiques

DISCOURS Najat Vallaud-Belkacem, Jean-Luc Mélenchon et Nathalie Kosciusko-Morizet ont, tous les trois, fait preuve de vulgarité ces deux derniers jours lors d’interviews politiques…

Vincent Vantighem

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Montage photo de Najat Vallaud-Belkacem, Jean-Luc Mélenchon et Nathalie Kosciusko-Morizet.
Montage photo de Najat Vallaud-Belkacem, Jean-Luc Mélenchon et Nathalie Kosciusko-Morizet. — SIPA

Marceau Déchamps est secrétaire général adjoint de l’Association de la défense de la langue française. Mais c’est d’abord en sa qualité de « simple citoyen » qu’il est scandalisé par les propos tenus, ces deux derniers jours, par Najat Vallaud-Belkacem, Jean-Luc Mélenchon et Nathalie Kosciusko-Morizet.

A la radio, la télévision ou dans les colonnes du Monde, les trois personnalités politiques ont défrayé la chronique pour avoir tenu des propos vulgaires. « Bruits de chiottes » pour la ministre de l’Education ; « greffage de couilles » pour la candidate putative à la primaire de la droite et du centre quand le leader du parti de gauche assure avoir « craché [sa] race pour ramasser du fric ».

20 Minutes est très attaché au respect de la langue française comme il l’a démontré sur sa une du 5 février traitant de la réforme de l’orthographe. Nous avons donc décidé de laisser la parole à Marceau Déchamps pour corriger les propos des trois élus après lui avoir expliqué dans quel contexte ils ont été lâchés.

  • 1. Les « bruits de chiottes » de Najat Vallaud-Belkacem

Invitée ce mardi matin sur France Info, Najat Vallaud-Belkacem n’échappe pas à la question sur les rumeurs de départ de Manuel Valls. Réponse de l’intéressée : « Ça fait vingt ans que je fais de la politique et je ne me suis jamais prêtée aux bruits de chiottes qui consistent à raconter des choses qui n’ont pas à être racontées. » Reprise par le journaliste, la ministre de l’Education confirme qu’elle a bien dit des « bruits de chiottes ».

« Un mot argotique, ça peut encore passer, réagit Marceau Déchamps. Mais après ce genre de déclarations, que va-t-on pouvoir dire aux enfants ? On ne dit pas des ‘’bruits de chiottes’’ mais des ‘’bruits de couloirs’’ ou encore des rumeurs. »

  • 2. Le « greffage de couilles » de Nathalie Kosciusko-Morizet

En privé, l’ancienne protégée de Nicolas Sarkozy est adepte du « parler vrai ». Parfois, il arrive que les propos de Nathalie Kosciusko-Morizet sortent opportunément dans la presse. C’est ce qui est arrivé au détour d’un portrait que lui consacre Le Monde. Fustigeant Alain Juppé ou François Fillon pour leur manque de courage, elle lâche alors : « Je m’en fous d’être minoritaire à un moment donné ! Cela ne signifie pas qu’on a tort sur le long terme », justifiant son analyse par le fait qu’elle est en « mode greffage de couilles ».

Extrait de l’article du « Monde »

« Encore une qui a voulu faire le buzz (prononcé ‘’buse’’) !, explique Marceau Déchamps. Cela me choque dans la bouche de cette femme qui se prend pour une bourgeoise. Pourquoi n’a-t-elle pas dit ‘’Je suis en train de me viriliser’’. C’était plus simple et plus concis. »

  • 3. Jean-Luc Mélenchon a « craché sa race »

Le leader du parti de gauche peut sortir de ses gonds devant les journalistes. Invité de BFM, ce mardi, le leader du parti de gauche ne s’en est pas pris à Jean-Jacques Bourdin mais à un internaute qui, sur les réseaux sociaux, avait ironisé sur le fait qu’il donne des leçons pour créer de l’emploi alors qu’il n’a jamais travaillé. « C’est le genre de truc démago que je vais lui remettre dans sa petite tête (…) attaque d’emblée Jean-Luc Mélenchon. J’ai été journaliste, pigiste permanent, c’est-à-dire que j’ai craché ma race pour pouvoir ramasser du fric et m’occuper de ma famille… »

Marceau est bien embêté quand on le confronte à ces déclarations. « Je n’ai jamais entendu cela. Je ne sais pas ce que cela signifie. C’est encore du langage des quartiers chauds ? », interroge-t-il. Aiguillé par la rédaction de 20 Minutes sur le fait que Jean-Luc Mélenchon a voulu dire qu’il en a « bavé », le secrétaire général adjoint de la Défense de la langue française. « Si vous le dîtes, ça doit être ça ! En tout cas, ce n’est pas ce genre de phrase qui va lui ramener des électeurs… »