Attentats de novembre: Les parents d'une victime du Bataclan attaquent la Belgique en justice

TERRORISME Les parents d’une des victimes estiment que de graves dysfonctionnements se sont produits dans le système belge de protection et de surveillance…

Clémence Apetogbor

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Des agents de police lors d'une perquisition dans le cadre de l'enquête sur les attentats de Paris, le 30 décembre 2015, à Molenbeek, près de Bruxelles, en Belgique.
Des agents de police lors d'une perquisition dans le cadre de l'enquête sur les attentats de Paris, le 30 décembre 2015, à Molenbeek, près de Bruxelles, en Belgique. — AFP

La Belgique s’est-elle rendue coupable de négligences, qui ont facilité l’infiltration des terroristes du 13 novembre sur le sol français ?

C’est la question que se posent les parents d’une des victimes de l’attaque du Bataclan, qui poursuivent la Belgique en justice devant la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH).

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« Graves dysfonctionnements »

Les parents de Valentin Ribet, jeune avocat de 26 ans décédé à la suite de l’attaque du Bataclan, « estiment que de graves dysfonctionnements se sont produits dans le système belge de protection et de surveillance, ce qui a facilité l’infiltration des terroristes sur le territoire français et la commission de ces attentats », explique leur avocate Me Samia Maktouf dans un communiqué.

Le cerveau présumé des attentats, Abdelhamid Abaaoud, tué dans l’assaut de Saint-Denis, et Salah Abdelslam, en fuite, « ont pu se déplacer entre la France et la Belgique, et ce malgré une surveillance de la part des autorités belges », déplore Me Maktouf, qui défend plusieurs familles de victimes des attentats du 13 novembre.

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« Droit à la vie »

Dénonçant cette « atteinte aux obligations de sécurité », les parents de Valentin Ribet et leur avocate invoquent à l’appui de leur demande l’article 2 de la convention européenne des droits de l’Homme sur le « droit à la vie ».

En théorie, la CEDH ne peut examiner une affaire qu’à condition que toutes les voies de recours aient été épuisées dans un État, en l’occurrence, la Belgique. L’avocate a toutefois bon espoir de voir sa demande prise en compte : selon elle, la jurisprudence prévoit qu’il est possible de passer outre l’épuisement des voies de recours, « lorsqu’on ne peut pas faire cesser le trouble en saisissant les juridictions ».

Le bourgmestre de Molenbeek trop laxiste ?

Par ailleurs, Me Maktouf a demandé à Christophe Teissier, l’un des juges français en charge de l’enquête sur les attentats, qu’il auditionne l’ancien bourgmestre de Molenbeek-Saint-Jean, Philippe Moureaux, régulièrement taxé de laxisme face à la montée de l’islamisme radical dans sa commune. L’ex-bourgmestre vient de publier un livre, « La Vérité sur Molenbeek », dans lequel il estime ne pas se sentir responsable des attentats parisiens qui ont coûté la vie à 130 personnes.

Pour l’avocate, « l’idée n’est pas de faire porter le chapeau aux autorités belges » : « Il s’agit d’une démarche préventive, car le terrorisme touche désormais tout le monde. »