Lycéennes radicalisées en Haute-Savoie: Elles sont rentrées chez elles

RADICALISATION Une des deux jeunes fillées était rentrée dans sa famille plus tôt dimanche...

20 Minutes avec AFP

— 

Appel à témoins des deux jeunes filles radicalisées
Appel à témoins des deux jeunes filles radicalisées — gandarmerie

EDIT: Les deux jeunes filles étant mineures au moment des faits, leurs identités ont été anonymisées. 

Après 48 heures d'angoisse, le soulagement. I., la deuxième lycéenne « radicalisée » de Haute-Savoie, est rentrée chez elle. Le jeune fille a retrouvé sa famille dimanche peu avant minuit, a-t-on appris auprès du parquet, confirmant une information du Parisien. « Je vous confirme qu’elle est rentrée ce soir », a indiqué à l’AFP le parquet d’Annecy, sans plus de précisions.

Sa camarade de fugue, L., était retournée dans sa famille quelques heures plus tôt. « Les parents de L. ont alerté la gendarmerie pour dire qu’elle était rentrée vers 16h », a déclaré le parquet, précisant que l’adolescente était dimanche soir entendue par les enquêteurs. «Elle a vu [l'appel lancé par] sa mère à la télévision et elle a laissé tomber sa copine», a confié le père de L. à France 2.

Samedi, la gendarmerie nationale avait lancé un appel à témoins pour tenter de retrouver I. et L., âgées de 15 et 16 ans. Selon les gendarmes, alertés vendredi soir, ces deux pensionnaires d’un lycée professionnel de Seynod, près d’Annecy, étaient « susceptibles de quitter le territoire national par tous les moyens, et d’utiliser de fausses identités ».

Israé, « déjà suivie pour radicalisation »

Leurs camarades les avaient vues pour la dernière fois vendredi vers 13h, quittant l’établissement. Le parquet d’Annecy soupçonnait les deux mineures « d’être parties ou de vouloir partir en Syrie » et évoquait leur « projet de prendre un train pour Paris depuis Chambéry ». Selon la même source, I. était « déjà suivie pour radicalisation » et « avait été placée en foyer », avec « interdiction de sortie du territoire ». Pareille mesure avait été délivrée samedi pour L.

« On ne sort pas facilement de cet engrenage (…) elle s’est fait embobiner », a déploré Nadia, la mère d’I., racontant dans Le Parisien comment, deux ans plus tôt, elle avait déjà rattrapé sa fille « in extremis » à la gare, « alors qu’elle voulait partir en Syrie » pour « aider les enfants et servir une bonne cause ».

« Le réseau l’a récupérée »

Nadia avait alors appelé le numéro vert Stop Jihadisme et Israé avait suivi une procédure de « déradicalisation » avec le Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l’islam (CPDSI). « On a l’impression que ça recommence ! », s’est lamentée la mère, en évoquant des propos de sa fille sur « la mécréance », en dépit d’une éducation « laïque ».

Selon Dounia Bouzar du CPDSI, Israé venait de sortir de l’hôpital psychiatrique pour une « dépression de l’adolescence ». Elle est « fragile », « veut mourir » et il lui faut un lieu « cocoonant » : pour l’anthropologue, « le réseau l’a récupérée ».

L., en revanche, n’avait pas été signalée et n’aurait fait que suivre son amie. Son oncle, d’ailleurs, se refusait à croire à un départ en Syrie, évoquant une simple « fugue ».