Déraillement d'un TGV en Alsace: Une erreur humaine à l'origine de l'accident?

ENQUETE Le 14 novembre, un TGV d'essais qui effectuait des tests en Alsace, a déraillé...

L.B.

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Des équipes de secours sur les lieux d'un accident de TGV, le 15 novembre 2015 à Eckwersheim, près de Strasbourg, en Alsace
Des équipes de secours sur les lieux d'un accident de TGV, le 15 novembre 2015 à Eckwersheim, près de Strasbourg, en Alsace — FREDERICK FLORIN AFP

Grand oublié au bilan (lui aussi) dramatique. Que s’est-il passé avec le TGV Est au lendemain des attentats de Paris ? Le 14 novembre, un TGV d'essais qui effectuait des tests en Alsace, a déraillé alors qu'il roulait à 243 km/h, faisant 11 morts et 42 blessés, dont certains très grièvement, parmi les 53 personnes qui se trouvaient à bord. Une erreur humaine serait en cause, selon des informations du Parisien.

La zone de freinage repoussée

Les premières conclusions de l'enquête conduite par la SNCF ont montré que le train avait freiné trop tard en abordant la portion de raccordement entre la ligne à grande vitesse et la ligne classique. Comment expliquer ce freinage tardif menant au déraillement du train alors que l’essai en question était piloté par l’élite des conducteurs ? Selon Le Parisien, le cadre transport traction aurait décidé de repousser la zone de freinage d’un kilomètre par rapport à la feuille de route établie.

Le cheminot, présent dans la cabine de commande au moment de l’accident et supérieur hiérarchique du conducteur, aurait confié aux enquêteurs -selon un document consulté par le quotidien- avoir délibérément choisi de freiner au point kilométrique PK 401 au lieu de PK 400. Pourquoi cette décision ? Parce que, selon lui, à l’aller tout s’était bien passé.

Une erreur humaine 

Dans le sens Meuse-Strasbourg, il avait pu constater que le train avait encore de la marge. « On avait déjà atteint la vitesse de 160 km/h après seulement 2 km, alors que nous étions partis sur une distance de 4 km pour réduire notre vitesse. » Une simple erreur humaine est-elle suffisante pour expliquer un tel drame ? Maître Chemla, qui défend les victimes, semble en douter. 

La SNCF réunit pour la première fois samedi à Paris une centaine de personnes, familles des victimes, afin d'aborder l'indemnisation, qui pourrait rester confidentielle, mais aussi la sécurité ferroviaire et l'enquête.