Décryptage d'iPhone: Pour l'ONU, ça serait ouvrir une «boîte de Pandore»

JUSTICE Le haut-commissaire aux droits de l'Homme estime qu'une telle mesure engendrerait des conséquences négatives dans le monde entier...

20 Minutes avec AFP

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Illustration d'un iPhone 5S
Illustration d'un iPhone 5S — Alan Diaz/AP/SIPA

Le feuilleton autour du bras de fer entre Apple et la justice américaine continue. Le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme a estimé ce vendredi qu’accéder au contenu d’un iPhone risquait d’ouvrir une « boîte de Pandore ».

La police fédérale américaine (FBI) demande l’aide d’Apple pour déverrouiller l’iPhone d’un des assaillants de la fusillade de San Bernardino (Californie). Cette attaque lancée par un couple de musulmans radicalisés avait fait 14 morts début décembre.

« Conséquences négatives » dans le monde entier

Forcer Apple à se plier à une injonction judiciaire pour qu’il aide le FBI à accéder aux données d’un iPhone aurait « des implications qui pourraient être extrêmement dommageables pour les droits de l'Homme de millions de personnes, y compris pour leur sécurité physique et financière », estime Zeid Ra’ad Al Hussein dans un communiqué.

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Seul le propriétaire de ces téléphones réputés inviolables dispose de la clé de cryptage et Apple rechigne à créer un logiciel qui permettrait de donner accès aux données de ses clients, même si cette demande émane de la justice américaine.

Un « cadeau » aux régimes autoritaires et aux pirates informatiques

« Un succès dans l’affaire contre Apple aux Etats-Unis établirait un précédent qui pourrait rendre impossible pour Apple ou toute autre société informatique internationale majeure de protéger la vie privée de ses clients partout dans le monde », a averti Zeid Ra’ad Al Hussein. « Cela pourrait être un cadeau fait aux régimes autoritaires et aux pirates informatiques », a-t-il jugé.

Le haut-commissaire assure que le FBI « mérite l’appui sans réserve de tout un chacun dans son enquête sur les meurtres de San Bernardino », mais qu’il existe « de nombreux autres moyens pour enquêter et découvrir si les meurtriers avaient des complices, en dehors de forcer Apple à créer un logiciel pour affaiblir les dispositifs de sécurité de ses propres téléphones ».

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