Attentats de novembre: La police belge aurait-elle pu tout éviter ?

TERRORISME Seize mois avant les attaques, la police a reçu un appel d’un informateur « proche de la famille Abdeslam »…

20 Minutes avec AFP

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Des agents de police lors d'une perquisition dans le cadre de l'enquête sur les attentats de Paris, le 30 décembre 2015, à Molenbeek, près de Bruxelles, en Belgique.
Des agents de police lors d'une perquisition dans le cadre de l'enquête sur les attentats de Paris, le 30 décembre 2015, à Molenbeek, près de Bruxelles, en Belgique. — AFP

La question soulevée par les médias belges est pour le moins sensible. Le Comité P, la police des polices belges, aurait-elle pu éviter les attentats de Paris et de Saint-Denis, qui ont fait 130 morts et 413 blessés ?

Les interrogations sont permises, alors que la police des polices belges enquête sur une information de juillet 2014 concernant une possible radicalisation des frères Salah et Brahim Abdeslam, qui aurait été négligée par la police antiterroriste.

Coup de fil d’un informateur

Dans la nuit du 10 au 11 juillet 2014, seize mois avant les attaques, une agente de la police judiciaire reçoit un appel d’un informateur « proche de la famille Abdeslam (du quartier bruxellois) de Molenbeek », rapportent les quotidiens La Dernière Heure et Het Laatste Nieuws.

L’informateur explique alors que les frères Abdeslam sont « complètement radicalisés » et ont pour projet de se rendre en Syrie. Il précise également qu’ils sont « sous l’influence » d’Abdelhamid Abaaoud, tué le 18 novembre 2015 lors de l’assaut policier de Saint-Denis, et qu’ils « ont des plans pour une attaque », selon la même source.

La section antiterroriste prévenue

La policière, alors en « congé maladie », transmet le soir même l’information à ses collègues de la section antiterroriste de la police judiciaire (DR3), précisent les journaux.

Le Comité P a entendu mercredi la policière qui avait relayé les informations, dans le cadre d’une enquête visant à déterminer comment celles-ci avaient ensuite été exploitées, selon le Laatste Nieuws.

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Au lendemain des attentats du 13 novembre, lorsqu’il apparaît que Brahim Abdeslam s’est fait exploser boulevard Voltaire à Paris et que son frère Salah a réussi à prendre la fuite vers Bruxelles après avoir convoyé plusieurs djihadistes dans la capitale française, la même policière enverra un e-mail à ses supérieurs pour s’enquérir de la suite qui avait été donnée à ses informations de juillet 2014, selon la DH et Het Laatste Nieuws.

Interrogé mardi sur des informations de presse allant dans le même sens, le parquet fédéral, chargé du volet belge de l’enquête sur les attentats, avait minimisé l’importance des informations, qualifiant « d’inexactes » les conclusions suggérant qu'« on aurait pu éviter les attentats de Paris ».

 

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Aucune référence à un attentat

« L’information reçue en juillet 2014 ne faisait aucune référence à un quelconque attentat ou projet d’attentat et ne mentionnait pas le nom « Abdeslam ». Seule une vague mention non concrète faisait état de deux frères, dont l’un d’entre eux était probablement en train de se radicaliser », avait indiqué le parquet dans un communiqué.

Le parquet soulignait que la « première mention d’un départ possible des frères Abdeslam date de janvier 2015 » et qu’elle avait fait l’objet de vérifications à l’issue desquelles « aucune infraction liée au terrorisme n’avait pu être mise en évidence ».

Jeudi, le parquet fédéral a répété que « la réaction à cette information avait été adéquate ».