VIDEO. «Au Planning familial, j’ai l’impression d’être vraiment prise en compte»

REPORTAGE Alors que le Planning familial aura 60 ans ce mardi, « 20 Minutes » est allé à la rencontre des femmes qu’il accompagne dans leur vie intime…

Delphine Bancaud
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Un groupe de parole sur la contraception au Planning Familial,10 Rue Vivienne, à Paris, le 3/3/15
Un groupe de parole sur la contraception au Planning Familial,10 Rue Vivienne, à Paris, le 3/3/15 — 20 Minutes

Elles sont six jeunes femmes de 17 à 28 ans à pousser la porte du centre du Planning familial de la rue Vivienne à Paris ce jeudi matin, pour un rendez-vous médical. Certaines ont l’air un peu gêné d’être là, d’autres semblent au contraire bien connaître les lieux. Avant leur rendez-vous avec Marina Salomé, la sage-femme du centre, toutes sont invitées à participer à un groupe de parole sur la contraception. « Le but est de leur délivrer une information collective sur le sujet et qu’elles soient plus à l’aise pour poser leurs questions. Des séances qui ne sont dédiées qu’aux femmes et auxquels certaines convient leur petit ami », explique Caroline Rehbi, membre du bureau national du Planning familial.

Un groupe de parole au Planning familial. Marina, la sage-femme donne des informations sur la contraception.
Un groupe de parole au Planning familial. Marina, la sage-femme donne des informations sur la contraception. - D.BANCAUD

Pour briser la glace, Marina Salomé et Marianne Niosi, animatrice au Planning familial, proposent un tour de table pour connaître le motif de leur visite. « Je prends actuellement une pilule de 3eme génération, mais elle est mal remboursée et j’ai lu qu’elle pouvait générer des risques de thrombose. Je voudrais donc que vous me prescriviez une pilule de 2 eme génération. De plus, je n’ai pas 80 euros à mettre dans une consultation chez le gynéco comme je suis étudiante », explique Laetitia*. Comme elle, beaucoup de jeunes femmes viennent en effet au Planning pour des raisons financières. « Pour les mineurs, la consultation est anonyme et gratuite. Pour les autres, le Planning pratique le tiers payant. Les patientes doivent donc s’acquitter d’une somme allant de 6,9 ou 8,40 euros remboursée en suite par la mutuelle », explique Caroline Rebhbi.

Informer et laisser le choix aux femmes

Peu à peu les langues se délient et chacune parle sans gêne de ses expériences en la matière. « Moi je suis venue vous voir parce que mongynéco ne veut pas me poser un stérilet. Il me dit que comme je suis nullipare, cela pourrait augmenter le risque de grossesse extra-utérine. Mais j’ai cru comprendre que cette histoire était fausse et j’ai voulu le confirmer en venant vous voir », raconte Anna*. Marina Salomé rassure Anna. « Mais je tiens à préciser qu’ici on n’est pas anti-gynéco de ville. On se base juste sur les recommandations de la Haute autorité de santé pour vous aiguiller », précise-t-elle, en faisant circuler différents documents présentant les moyens de contraception hormonale.

Un centre du Planning familial à Paris, rue Vivienne, le 3/3/15.
Un centre du Planning familial à Paris, rue Vivienne, le 3/3/15. - 20 Minutes

« Je suis venue pour me faire retirer mon implant, car j’ai pris beaucoup de poids », raconte de son côté Fatou*. L’occasion pour la sage-femme de faire un point sur les effets secondaires de certains contraceptifs : « aucune hormone ne crée des graisses, mais elle peut donner faim », indique-t-elle. « Lorsque je prenais la pilule ça me déprimait. J’ai vu la différence sur mes humeurs le jour où je l’ai arrêtée », raconte de son côté Anna. Les effets secondaires de certains contraceptifs sur la peau sont aussi évoqués. « Moi avec l’implant, j’ai eu mes règles n’importe comment. Mais à part ça, c’est un moyen de contraception très sûr et une fois posé, on n’a pas besoin d’y penser », explique à son tour Alimatou*.

Déculpabiliser les patientes

La discussion embraye désormais sur les oublis de pilule. « C’est un moyen de contraception très efficace, à condition de ne pas l’oublier. Or, on n’est pas des machines et ça arrive d’en rater une », déclare Marianne Niosi. Car au Planning familial, on veille toujours à déculpabiliser les femmes, en leur apportant surtout des solutions. Marina Salomé interroge donc les jeunes femmes sur la marche à suivre en cas d’oubli.

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« Si c’est un oubli de plus de 12 heures, il faut prendre lapilule du lendemain », lance Laetitia. « Oui mais pas seulement », reprend la sage-femme qui explique qu’il faut aussi continuer sa plaquette normalement, utiliser une autre contraception (comme un préservatif) pendant 8 jours et faire un test de grossesse trois semaines après. Avant de distribuer un mémo sur le sujet. « Ça vaut le coup d’avoir toujours une pilule d’urgence dans votre portefeuille au cas où », conseille de son côté Marianne Niosi.

Un groupe de parole sur la contraception au Planning Familial,10 Rue Vivienne, à Paris, le 3/3/15. Présentation du stérilet.
Un groupe de parole sur la contraception au Planning Familial,10 Rue Vivienne, à Paris, le 3/3/15. Présentation du stérilet. - 20 Minutes

Pour désamorcer l’appréhension des jeunes femmes face austérilet, la sage-femme en fait passer plusieurs de main en main afin que les participantes se familiarisent avec sa taille et sa forme. « Le stérilet est posé pour trois ans, si vous n’avez pas eu d’enfant et cinq si vous en avez déjà eu un », explique Marina, qui suscite aussitôt l’intérêt des jeunes femmes. « Je suis bien tentée par le stérilet, mais pas tout de suite, je préfère ma pilule pour l’instant », confie Stéphanie*. Comme à chaque fois, la sage-femme ne cache rien des effets secondaires possibles.

Les SOS ne cessent jamais

Après avoir parlé de l’anneau vaginal et du patch avec les membres du Planning, les jeunes femmes partent tour à tour en consultation. « C’est bien ce groupe de parole pour se tenir au courant des nouvelles méthodes de contraception », commente Laetitia. « Au Planning on explique mieux les choses et on a vraiment l’impression d’avoir le choix de son moyen de contraception. Quand je suis allée consulter mon gynéco, il m’a directement prescrit la pilule, sans m’ausculter en me demandant 80 euros. Ici j’ai l’impression d’être vraiment prise en compte », indique Margaux.

Le Centre de Planning familial, 10 Rue Vivienne, à Paris, le 3/3/15.
Le Centre de Planning familial, 10 Rue Vivienne, à Paris, le 3/3/15. - 20 Minutes

 

Stéphanie acquiesce et raconte à son tour l’aide que lui a apporté le Planning : « il y a un an je suis venue au Planning car j’étais enceinte et comme j’avais toujours mes règles, je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite. J’avais donc dépassé les délais légaux pour uneIVG. Le Planning m’a beaucoup soutenu pour que je trouve une solution à l’étranger », confie-t-elle, avant de partir d’un pas assuré en consultation. En fond sonore, on entend le téléphone sonner. En ligne, une jeune fille inquiète qui demande à être rassurée quant à sa prochaine IVG. Car au Planning familial, les urgences n’arrêtent jamais.

 

*Tous les prénoms ont été changés.