En France, les pères ne sont que 4% à prendre un congé parental

EDUCATION Ils sont plus de 40% dans les pays nordiques ou au Portugal selon une enquête menée par l'OCDE...

20 Minutes avec AFP

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Un père et son bébé.
Un père et son bébé. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Mais où sont les pères ? Si le congé parental rémunéré, qui peut être pris par les deux parents, existe désormais dans 23 des 34 pays de l’OCDE, les pères restent peu nombreux à l’utiliser, souligne une étude de l'OCDE publiée mercredi.

Les pères ne sont que 4% à prendre un congé parental
Les pères ne sont que 4% à prendre un congé parental - Infographie/Statistas

 

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« Si les hommes prennent habituellement quelques jours de congé paternité juste après la naissance de leur enfant, seuls les plus motivés et les plus courageux utilisent leur droit à un congé parental plus long », note cette étude. Dans de nombreux pays, les pères représentent « moins d’un bénéficiaire du congé parental sur cinq ». Leur part peut atteindre « 40 % voire plus dans certains pays nordiques et au Portugal », mais elle n’est que d'« un sur cinquante en Australie, en Pologne et en République tchèque ».

L’utilisation du congé parental par les hommes augmente

« La bonne nouvelle » est qu’en moyenne, l’utilisation du congé parental par les hommes augmente. En Finlande, leur part a doublé entre 2006 et 2013 tandis qu’en Belgique elle a progressé de près de dix points au cours de la même période. Pourtant, quelques pays ne connaissent qu’une évolution limitée. En Autriche et en France, les hommes ne représentent que 4 % des parents qui prennent un congé parental, soit à peu près la même proportion qu’il y a dix ans environ.

Une réforme a modifié en janvier 2015 la durée du congé parental en France dans l’objectif, selon le gouvernement, de mieux le répartir entre les deux parents. Il est passé de six mois à un an pour un premier enfant, à condition que les deux parents le prennent. A partir du deuxième enfant, sa durée reste de trois ans s’il est partagé (deux ans pour un parent, un an pour l’autre).

Les pères hésitent souvent à prendre un congé parental car ils redoutent les répercussions sur leurs carrières, souligne l’étude. Au Japon et en Corée du Sud par exemple, très peu de pères prennent l’année de congé rémunéré à laquelle ils ont droit. Le frein peut être financier : si la mère gagne moins que le père - et l’écart moyen des salaires dans l’OCDE est d’environ 15 % au détriment des femmes - ce dernier est fortement incité à continuer de travailler.

Mieux rémunéré le congé parental

Pour augmenter la part des hommes en congé parental, des périodes plus courtes, mais mieux rémunérées, de congé parental pourraient être proposées, suggère l’étude, citant l’exemple de l’Allemagne, où depuis 2007 l’indemnisation des pères et des mères est proche de leur salaire.

On en est encore bien loin en France. En effet, il n’est pas prévu « pendant le congé, que le salarié soit rémunéré par son employeur pour la période non travaillée, sauf si des dispositions conventionnelles ou collectives le prévoient » selon les dispositions en vigeur. Depuis l’an dernier, il pourra percevoir en cas de naissance ou d’adoption la prestation partagée d'éducation de l'enfant (Preparee). Elle donne droit à un versement mensuel de 390,52 euros quand l’activité est totalement interrompue.