Les actions méconnues du Planning familial

SOCIAL L'association fête ses 60 ans lors d'une soirée évènement à la Cigale ce lundi...

Delphine Bancaud

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Marseille, le 10 décembre 2015, le planning familial de Marseille. Lancer le diaporama
Marseille, le 10 décembre 2015, le planning familial de Marseille. — MickaÎl Penverne / 20 Minutes

Il est sexagénaire, mais toujours aussi actif. Le Planning familial fête ce lundi soir ses 60 ans (qui tomberont officiellement le mardi) lors d’une soirée évènement à la Cigale en compagnie de nombreux humoristes engagés. Bien connue du grand public pour ces centres de planification, l’association l’est moins pour ses autres activités et services. L’occasion pour 20 Minutes de faire le point.

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1) Son numéro vert d’information et d’écoute 0800 08 11 11

Lancé en septembre 2015, ce numéro vert fonctionne 6 jours sur 7 (pas le dimanche), de 9h à 20h (et jusqu’à 22 h le lundi). « Car même à l'heure d'Internet, les jeunes ont besoin de poser des questions sur la sexualité et la contraception en toute confidentialité. Ils ont aussi besoin d’être rassurés par des écoutantes formées pour cela », constate Véronique Sehier, co-présidente du Planning familial. Un service qui est de plus en plus sollicité, puisqu’il reçoit environ 2.000 appels par mois. « Près la moitié concernent l'avortement, 34 % la contraception et le reste porte aussi bien les pratiques sexuelles, l’orientation sexuelle, les violences faites aux femmes… », observe Véronique Sehier.

2) Ses séances d’éducation à la sexualité

Le Planning familial intervient dans différentes structures accueillant des jeunes : les établissements scolaires, les missions locales, les maisons des jeunes et de la culture… « Nous abordons avec eux la contraception, la prévention des infections sexuellement transmissible, des discriminations liées à l'orientation sexuelle, du plaisir….», explique Véronique Sehier. Des séances qui misent beaucoup sur la participation des jeunes. « On peut par exemple leur demander de débattre sur une idée reçue en matière de sexualité, ou répondre à leurs questions posées de façon anonyme par écrit », indique la co-présidente. En 2015, le Planning est ainsi intervenu auprès de 135.000 jeunes scolarisés. Ce qui suscite parfois la grogne de certains parents : « Nous avons dû parfois faire face à des pétitions demandant l’annulation de nos séances par des parents qui craignaient que nous fassions la promotion de l 'IVG ou que nous allions apprendre à leurs enfants à se masturber », se souvient Véronique Sehier.

 

3) Ses groupes de paroles

En 2015, 165 groupes de paroles ont eu lieu avec 10 à 15 participantes à chaque fois. Ils sont aussi bien organisés au sein des centres du Planning familial que dans des centres sociaux, des foyers… Le groupe de paroles le plus fréquent s’intéresse au genre et à la santé sexuelle. « Les femmes y parlent de sexualité, de violences, de parentalité en s’appuyant sur leurs expériences. En partageant leur vécu, elles se rendent compte qu’elles ne sont pas seules dans leur situation et peuvent devenir ensuite des personnes relais dans leurs quartiers et leurs familles pour diffuser à leur tour ce qu’elles ont appris », souligne Véronique Séhier. Il existe aussi des groupes de paroles dédiés aux femmes séropositives où chacune peut parler de ses difficultés à poursuivre une vie sexuelle, à supporter leur traitement… Elles s’informent aussi sur leurs droits et les dispositifs qui peuvent les aider. Des groupes de parole sur la sexualité des personnes handicapées sont aussi parfois organisés dans des établissements spécialisés. En 2015, 165 groupes de paroles ont eu lieu avec 10 à 15 participantes à chaque fois.

4) Ses formations des enseignants à l’égalité

Le Planning familial intervient dans les ESPE (Ecoles supérieures du professorat et de l’éducation) pour former les futurs enseignants aux problématiques d’égalité entre hommes et femmes. « Nos modules visent à déconstruire des stéréotypes sexistes et aide les futurs enseignants à s’interroger sur leurs attitudes envers les élèves filles ou garçons », explique Véronique Séhier.

5) Son travail de plaidoyer auprès du grand public et des élus

Défendre le droit à l’IVG, lutter contre le sexisme et l'homophobie, débusquer les inégalités, dénoncer les violences faites aux femmes, faire reconnaître toutes les formes de parentalité et la sexualité des personnes handicapées… Voilà quelques-uns des chevaux de bataille du Planning familial. « Nous avons un rôle d’observateur de terrain sur la manière dont les Français vivent leur sexualité et nous interpellons régulièrement les élus locaux et nationaux sur ces sujets », insiste Véronique Sehier. Et l’actualité apporte toujours des occasions à l’association de se mobiliser…