Affaire Kerviel: L'ex-PDG de la Société Générale, Daniel Bouton, accusé de délit d'initiés

JUSTICE La banque, qui réfute ces accusations, a décidé de porter plainte pour diffamation…

20 Minutes avec AFP

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L'ex-trader Jérôme Kerviel à la Cour d'appel de Versailles, le 15 avril 2015.
L'ex-trader Jérôme Kerviel à la Cour d'appel de Versailles, le 15 avril 2015. — Thomas Samson AFP

Nouvelles révélations dans l'affaire KervielMediapart et les Inrocks font état d’ un possible délit d'initiés autour des pertes attribuées à l’ancien trader de la Société Générale. Ces informations ont amené le groupe bancaire à annoncer ce mercredi une plainte en diffamation.

L’avocat de la Société Générale estime que les informations relayées par les deux publications ont pour effet d’accuser l'ancien patron du géant bancaire Daniel Bouton de « délit d’initiés », ce qui est selon lui « intolérable ».

Des concurrents informés du « débouclage »

Mediapart et les Inrocks donnent la parole à une journaliste financière affirmant que  l'ancien patron de la banque Daniel Bouton avait informé plusieurs banquiers concurrents du «débouclage» imminent des positions prises par Jérôme Kerviel, bien avant l’annonce officielle du scandale, pour leur demander leur aide. Elle en cite plus précisément deux, dont un, interrogé par Mediapart, a toutefois démenti.

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Selon des propos rapportés par cette journaliste, Daniel Bouton les aurait appelés dès le dimanche 20 janvier 2008, soit quatre jours avant la conférence de presse du 24 janvier qui allait officialiser « l’affaire Kerviel ».

Ebruiter ainsi une opération boursière aussi sensible, qui consiste à solder pour plusieurs milliards d’euros de pertes, avant que les marchés ne soient officiellement informés, reviendrait à orchestrer un délit d’initiés et une manipulation.

Un « bluff » pour alourdir les pertes

Le géant bancaire s’insurge également contre une autre information mise en avant notamment par les Inrocks : un éventuel « bluff » de la banque afin d’alourdir la perte attribuée à Jérôme Kerviel, officiellement 4,9 milliards d'euros. Ce qui aurait permis de masquer d’autres défaillances, sans lien avec l'ex-trader. Cette version avait été défendue lors du procès en appel de l’ex-trader par Philippe Houbé, alors employé d’une filiale de la Société Générale.

Dans un communiqué, la banque évoque des « pseudo-révélations » qui n’ont « pas été retenues par les tribunaux ». Un « travail de recyclage », selon le groupe bancaire.

Recyclage ou pas, une ramification de plus pourrait s’ajouter à la tentaculaire affaire Kerviel qui, huit ans après, n'en finit plus d'occuper les tribunaux français.