Contrôle au faciès: Un rapport dénonce de nombreux abus

POLICE Une enquête tire la sonnette d'alarme sur des abus commis par les forces de l'ordre depuis cinq ans...

H. B.

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Un contrôle de police à l'aéroport Charles de Gaulle, fin juin.
Un contrôle de police à l'aéroport Charles de Gaulle, fin juin. — JDD/SIPA

A l'occasion de l’ouverture des débats parlementaires sur la réforme de la procédure pénale à l’Assemblée nationale, le collectif «Stop le contrôle au faciès» publie ce mardi un rapport choc intitulé « Les maux du déni ». « Cinq ans de contrôles abusifs racontés par les victimes, leurs familles et leurs témoins », explique le collectif sur son site.

Au total, près de 2283 personnes ont sollicité le pôle juridique du collectif pour se renseigner, dénoncer, ou demander une orientation juridique. C’est à partir des témoignages de ces victimes et de chiffres qui recensent les types de griefs exposés et les obstacles au recours au droit que cette enquête a pu être réalisée.

« Une impunité policière »

Dans ce rapport, que RMC a pu se procurer, « on relève dans les saisines une série d’abus variés, dont les contrôles au faciès (dans 47,7% des cas), les violences physiques (23 %), les fouilles et palpations (dans 18 % des cas), les insultes (17 %) ou propos racistes (13 %), les intimidations (23 %), et les palpations génitales, rapportées dans près de 10 % des témoignages ».

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Face à ses abus policiers, le collectif s’inquiète d’un sentiment de résignation des victimes. 92,9 % des personnes s’estimant victimes d’abus policiers renoncent en effet à porter plainte. Sur son site, le collectif met d’ailleurs en garde « sur une impunité policière dont on refuse de voir les dérives et les conséquences, qui peuvent prendre des tournures dramatiques pour le pays dans son ensemble ».

Des « mesures abusives » liées à l’état d’urgence

Les associations de ce collectif souhaitent que « le gouvernement lève les mesures abusives liées à l’état d’urgence » et renforce «les pouvoirs du Défenseur des Droits». Elles proposent également « au Ministère de l’Intérieur une série de mesures facilitant le repos, la formation et le suivi psychologique anonyme et gratuit des agents de police, ainsi que leurs interactions avec le public dans un objectif d’amélioration des relations avec la population, et de leur service au quotidien ».