Salon de l'agriculture: Les éleveurs saccagent le stand Charal

CRISE Ils souhaitent ainsi dénoncer le rôle de la marque, et de son groupe, Bigard, dans la crise qu'ils essuient...

20 Minutes avec AFP
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Capture d'écran du stand Charal sur le salon de l'agriculture.
Capture d'écran du stand Charal sur le salon de l'agriculture. — France 3

Après François Hollande, c'est le stand de la marque Charal qui a fait les frais dimanche de la colère des éleveurs au salon de l'agriculture. Les éleveurs bovins ont aspergé avec un extincteur et de la farine le stand de la marque du groupe Bigard, numéro un de l'abattage en France, pour dénoncer sa politique de prix.

 

«Quand Bigard prend 100 euros il y a en 8 pour le producteur» ont expliqué au public les éleveurs en tee-shirt rouge marqués «Notre métier a un prix», tout en distribuant de faux billets de 100 euros. «Quand vous payez la viande entre 17 et 20 euros le kilos, sachez qu'on nous la paye à nous 2,50 à 3 euros», commentait également au mégaphone Pierre Vaugarny, secrétaire général de la Fédération nationale bovine (FNB), qui appelait à la manifestation avec le soutien de la FNSEA - représentée par son secrétaire général Dominique Barrau. Pendant ce temps, un groupe d'éleveurs aspergeait derrière lui le stand de Charal avec un extincteur et dispersait une trentaine de kilos de farine.

Bigard tout puissant dans la filière viande

La consigne était d'éviter toute violence après l'accueil houleux réservé la veille au président François Hollande et le démontage du stand du ministère de l'Agriculture. Pour Pierre Vaugarny, l'objectif de cette brève manifestation était d'attirer l'attention du public sur la toute-puissance du groupe Bigard, qui totalise la moitié des capacités d'abattage en France et refuse tout dialogue avec la profession. «Même quand le ministre le convoque, Bigard refuse de venir s'expliquer», a-t-il déploré. L'été dernier le groupe avait refusé de participer à la fixation d'un prix minimum d'achat aux producteurs de viande, lors des tables rondes organisées au ministère.

Or, les éleveurs bovins sont confrontés à uns stagnation des cours et réclament une revalorisation de leurs produits pour équilibrer leurs coûts de production et désigne les transformateurs et la grande distribution comme les principaux responsables de leur marasme.