Air Cocaïne: L’incroyable histoire de Christophe Naudin, extradé vers la République dominicaine

JUSTICE L’expert en sûreté aérienne, interpellé en Egypte début février, va être extradé vers Saint-Domingue, où la justice veut l’entendre...

N.Beu.
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L'expert en sécurité aérienne Christophe Naudin sur BFMTV.
L'expert en sécurité aérienne Christophe Naudin sur BFMTV. — BFMTV

La République dominicaine tient son premier suspect dans l’affaire Air Cocaïne. Cinq mois après l’exfiltration des pilotes Pascal Fauret et Bruno Odos, condamnés à vingt ans de prison pour trafic de drogue, le criminologue et expert de la sûreté aérienne Christophe Naudin, qui a reconnu avoir participé à l’évasion des deux Français, va être extradé vers Saint-Domingue, a-t-on appris samedi. Une première prise importante pour l’Etat dominicain, qui a fait de cette affaire une priorité. Mais que ce fut compliqué…

Fin octobre : La folle évasion

Jusqu’à la fin 2015, Christophe Naudin est surtout connu des journalistes pour sa disponibilité et sa promptitude à répondre à leurs questions sur la sûreté aérienne. Le 26 octobre, son nom surgit pourtant dans un tout autre dossier :  la rocambolesque évasion de Pascal Fauret et Bruno Odos, les deux Français condamnés à vingt ans de prison par la justice dominicaine pour trafic de drogue dans l’affaire dite Air Cocaïne. Deux jours plus tard, Christophe Naudin dit tout (ou presque) sur RTL. « Je connaissais tous les détails de l’opération », explique-t-il. Mieux : il se trouvait lui-même « sur le bateau de recueil » des pilotes en fuite. Pour lui, il s’agissait alors d’une « opération de sauvetage de deux personnes quasiment condamnées à mort, ou du moins qui se seraient suicidées si elles étaient restées sur place ».

De novembre à février : Le silence et l’attente

Fin novembre, la République dominicaine contre-attaque. Outre les deux pilotes, que la France a placés en détention provisoire, elle émet un mandat d’arrêt international contre plusieurs hommes impliqués dans leur exfiltration : l’eurodéputé FN Aymeric Chauprade, l’assistant parlementaire à Strasbourg de Jean-Marie Le Pen Pierre Malinowski, et donc Christophe Naudin. Ceux-ci ne risquent toutefois rien sur le territoire français, puisque l’Etat refuse par principe d’extrader ses ressortissants. Durant deux mois, Naudin fait profil bas. Il reprend son activité et publie plusieurs articles sur le site Atlantico sur des sujets comme l’état d’urgence ou Calais. En janvier, il intervient comme formateur… à la prison de Caen. « Employé par une société spécialisée, il est venu nous former à l’utilisation d’un nouveau matériel permettant de détecter les objets suspects dans des bagages », expliquera quelques semaines plus tard à Ouest-France un surveillant, agacé par la présence dans un établissement pénitentiaire d’un homme recherché à l’international. Sur Twitter, Naudin continue de tweeter. Jusqu’au 29 janvier.

Février : L’erreur fatale et l’interpellation

Début février, Christophe Naudin part pour Le Caire, en Egypte, dans le cadre d’un voyage professionnel auquel il n’a pas pu échapper, selon Europe 1. Non sans avoir vérifié avant de partir qu’un aucun mandat d’arrêt n’avait été émis contre lui en Egypte. Pas assez. Membre d’Interpol, l’Egypte l’interpelle à son hôtel le 5 février, deux jours après son arrivée. Samedi, l’Egypte a finalement décidé qu’elle allait extrader le Français vers la République dominicaine, en vertu de ses accords avec le pays. Là-bas, c’est la prison qui l‘attend, en attendant d’être jugé pour complicité d’évasion. Or la justice dominicaine a prouvé que dans cette affaire Air Cocaïne, elle ne se montrerait pas clémente. Le 11 février, elle a confirmé en appel la condamnation à 20 ans de prison pour trafic de drogue des deux pilotes français.