Comment police et gendarmerie se préparent à un attentat en province

SECURITE Le gouvernement va renforcer les «forces d’intervention rapide» partout dans le pays…

A.Ch.

— 

La police inaugure des locaux de la nouvelle compagnie de sécurisation à Toulouse, le 9 septembre 2009.
La police inaugure des locaux de la nouvelle compagnie de sécurisation à Toulouse, le 9 septembre 2009. — Fred Scheiber/20 Minutes

Pas un point du territoire à plus de 20 minutes des forces d’intervention rapide : c’est un maillage dense que le ministère de l’Intérieur va mettre en place afin de parer à une attaque terroriste dans n’importe quel coin de France, rapporte ce vendredi Le Figaro. Après l’attentat déjoué à Orléans (Loiret) en décembre dernier, l’attaque stoppée à temps du centre d’entraînement militaire du fort Béar près de Collioure (Pyrénées-Orientales) en juillet ou encore celle du commissariat de Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire) en décembre 2014, il apparaît clairement que les quartiers bobo de la capitale ne sont pas les seuls visés par les terroristes.

>> A lire aussi : Une circulaire de la police indique la conduite à tenir face à des « tueurs de masse »

BAC et PSIG renforcées

Pour le ministère de l’Intérieur, il est désormais crucial de sécuriser l’ensemble du territoire. Pour Bernard Cazeneuve, « chaque Français doit pouvoir bénéficier du même niveau de sécurité, où qu’il vive sur le territoire national ». Pour cela, les brigades anti-criminalité de la police nationale (BAC) et les pelotons de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG) devront pouvoir être sur le lieu d’un attentat en moins de 20 minutes, où que l’attaque ait lieu. Leur rôle sera de neutraliser les terroristes avant l’arrivée des forces d’élite, BRI, Raid et GIGN.

D’ici quelques mois, 150 pelotons de la PSIG, baptisés PSIG-Sabre, vont être déployés sur l’ensemble du territoire et quadrilleront leur zone. Ces sous-officiers experts dans l’interpellation des personnes dangereuses rouleront dans de gros monospaces et auront une procédure précise à suivre s’ils se trouvent face à une « situation de tuerie planifiée ». Pour sauver des vies et neutraliser des terroristes lourdement armés, ils seront équipés de boucliers « sarcophages » et de fusils d’assaut HK G36, des armes de guerre allemandes qui peuvent tirer 750 coups par minute et dont les balles peuvent traverser les gilets pare-balles similaires à ceux dont étaient munis les frères Kouachi et Amédy Coulibaly.

« Fixer et confiner le tireur »

Du côté de la BAC, chaque patrouille disposera également d’une arme de guerre, et les policiers auront chacun un « pack de protection » qu’ils devront avoir même lorsqu’ils sont en civil : casque balistique, gilet pare-balles, protège-tibias et protège-épaules. Leur rôle sera de « fixer et confiner le tireur, en focalisant celui-ci sur les forces de l’ordre plutôt que sur les victimes », selon la « fiche réflexe » reçue par les équipes en décembre.

Ce plan de sécurisation du territoire français va coûter 10 millions d’euros pour l’achat des 450 véhicules et 6,6 millions d’euros pour le matériel de défense et de géolocalisation.