20 ans des Pokémon: Ils ont grandi avec Pokémon et continuent d'y jouer

PHÉNOMÈNE Depuis 1996, la franchise japonaise a grandi. Ses fans aussi...

Thibaut Le Gal
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Pokemon - The Movie (Credit Warner Bros)
Pokemon - The Movie (Credit Warner Bros) — REX FEATURES/SIPA

Pikachu fête (déjà) ses 20 ans. Le 27 février 1996, la franchise Pokémon lançait son premier jeu vidéo au Japon. Trois ans plus tard, les mythiques versions Rouge et Bleu débarquaient dans les cours de récréation françaises. Les fans se souviennent de leurs premiers émois. « C’était un phénomène. Tout le monde en parlait, y jouait avec ses amis », s’enthousiasme Thibault, 22 ans.

« L’univers est fait pour plaire aux enfants. Les Pokémon sont des créatures mignonnes, des petits dinosaures. C’était innovant aussi car Nintendo poussait les joueurs à échanger leurs créatures à l’aide d’un câble. Les Pokémon permettaient de se sociabiliser à la récré », se souvient le passionné.

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« L’enfant s’identifie en quelque sorte à ce petit monstre sauvage »

« J’ai grandi avec eux », témoigne Adrien, 20 ans. « J’ai commencé avec le dessin animé vers 3 ans, puis ma mère m’a acheté les cartes. J’ai appris à dessiner et à lire avec mes Pokémon », poursuit l’étudiant toulousain. « Je ne comprenais rien au jeu, mais l’univers, la musique et les graphismes me plaisaient. Je m’amusais à les dessiner », confie Anne-Marie, 24 ans.

La franchise est devenue un phénomène culturel mondial avec plus de 18 films, 800 épisodes de dessin animé et 260 millions d’exemplaires de jeux vidéo écoulés. Aujourd’hui encore, Salamèche, Carapuce et leurs amis continuent de séduire les écoliers.

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« La métaphore du dressage joue probablement de manière inconsciente chez le joueur et explique un tel succès », explique Michael Stora, psychologue spécialisé des mondes numériques. « L’enfant s’identifie en quelque sorte à ce petit monstre sauvage, qu’il faut faire évoluer pour le rendre plus fort. C’est d’autant plus vrai qu’à la fin de son évolution, le Pokémon a physiquement changé. Cette transformation renvoie à l’évolution de l’enfant qui transite du bébé vers l’adolescence ».

« J’ai continué à y jouer. J’avais un peu honte »

A l’adolescence, on range généralement ses Pokeballs. « Contrairement à beaucoup, j’ai continué à y jouer. J’avais un peu honte. Il y a eu un sentiment de rejet chez les autres collégiens qui trouvaient ça ringard », regrette Adrien. « Mais avec l’essor du rétrogaming, les Pokémon ont retrouvé une popularité au lycée. Beaucoup y ont rejoué sur les smartphones ».

Adrien, Anne-Marie et Thibault appartiennent à l’équipe de Pokémon Trash, un site dédié à la communauté, qui recueille plus de 30.000 like sur Facebook. « Pokémon, c’est aussi pour les grands. Les jeux vidéo ont beaucoup évolué. Le système de combats est devenu une sorte de jeu d’échecs très stratégique avec des dizaines de possibilités par tour », indique Adrien.

Son acolyte précise : « En 2016, Pokémon est une créature hybride. Elle séduit toujours les enfants mais continue de fidéliser ceux qui ont été marqués par les débuts de la franchise ».

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« Pikachu est pour certains une Madeleine de Proust »

Nintendo mise sur la nostalgie des dresseurs. « Les Pokémon sont très attachants. On les collectionne, on a nos préférés. Il y a une sorte d’affect envers nos créatures », reconnaît Thibault. « Certains Pokémon m’ont suivi depuis l’âge de 7 ans. Nintendo a permis aux joueurs de les conserver à travers les différents jeux, alors on s’y attache. Ce ne sont pas des vrais animaux, mais ils font partie de notre vie », sourit Adrien.

« Pokémon a fait partie des premiers émois d’énormément d’enfants. La nostalgie est une manière d’éviter la séparation avec ce passé. Pikachu est pour certains une Madeleine de Proust », assure Michael Stora. « On a grandi et en même temps, Pokémon est toujours là, 20 ans après », s’étonne Thibault. « ça montre bien que la franchise a marqué l’époque ».