Six migrants vont être jugés à Boulogne-sur-Mer pour être montés dans un ferry en marge d’une manifestation

JUSTICE Huit manifestants dont six migrants seront jugés pour avoir forcé un barrage…

A.Ch. avec AFP

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La «Jungle» de Calais, le 12 février 2016.
La «Jungle» de Calais, le 12 février 2016. — PHILIPPE HUGUEN / AFP

Huit manifestants, dont six migrants, seront jugés ce lundi à Boulogne-sur-Mer pour être montés en janvier sur un ferry dans le port de Calais en forçant un barrage. Une manifestation de migrants, de militants et de sympathisants venus de plusieurs pays européens est à l'origine de cet incident ayant conduit au blocage du port de Calais pendant trois heures le 23 janvier dernier. Ils réclamaient l'ouverture de la frontière avec le Royaume-Uni.

>> En vidéo: Des migrants bloquent le port de Calais pendant plus de trois heures

Cinquante personnes à bord

Quelque 2.000 personnes avaient défilé dans les rues de Calais mais en fin d'après-midi des groupes avaient enfoncé une clôture pour monter à bord du ferry « Spirit of Britain », en provenance de Douvres et stationné dans le port. Une cinquantaine de personnes avaient pu monter à bord, sur les quelque 150 qui avaient pénétré dans l'enceinte du port. Vers 20h30, après trois heures de blocage, les migrants et militants avaient été évacués par la police. 24 migrants et 11 militants de No Border avaient été interpellés.

L'évènement avait eu un fort retentissement et relancé le débat sur les moyens de prémunir le port, poumon économique de la zone, contre l'insécurité. Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avait promis « la totale fermeté de l'Etat » contre les incidents de ce genre. La semaine devrait être houleuse à Calais : l’Etat a demandé il y a neuf jours aux 1.000 à 2.000 migrants de la moitié sud du bidonville d'évacuer les lieux d'ici mardi 20h, faute de quoi les forces de l'ordre interviendront.

Les hébergements de substitution sont insuffisants, selon les associations

Les migrants forcés de quitter leurs abris ont le choix entre intégrer le Centre d'accueil provisoire (CAP, 1.500 places) constitué de conteneurs chauffés, inauguré en janvier, et se rendre dans l'un des 98 centres d'accueil et d'orientation (CAO) disséminés en France. Ces possibilités sont jugées « très loin des besoins et problèmes rencontrés » par les associations, qui ont demandé dans une lettre ouverte à Bernard Cazeneuve de reporter le démantèlement. « Les caractéristiques des logements (du CAP) sont en-dessous des normes internationales », a également critiqué l'Auberge des migrants.

Une centaine de migrants et une dizaine d'associations ont déposé un recours en référé devant le tribunal administratif de Lille pour obtenir la suspension du décret préfectoral, a indiqué dimanche à l'AFP l'avocate Julie Bonnier. Selon elle, le juge doit se rendre mardi matin dans la « jungle » de Calais. L'audience au tribunal aura lieu dans la foulée, à 14h.