VIDEO. Attentats de Paris: L'ancien maire de Molenbeek ne se sent «absolument pas» responsable

TERRORISME Philippe Moureaux juge «extraordinaire» que les futurs auteurs des tueries aient pu passer entre les mailles du filet...

20 Minutes avec AFP

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L'ancien maire de Molenbeek Philippe Moureaux, à Molenbeek le 17 février 2016.
L'ancien maire de Molenbeek Philippe Moureaux, à Molenbeek le 17 février 2016. — THIERRY CHARLIER / AFP

Pour son ancien maire, Philippe Moureaux, Molenbeek n'a rien «du trou à rats» évoqué par Donald Trump. Mais la criminalité locale, la montée du radicalisme religieux et les «défaillances» de la police expliquent que des petits caïds comme Abdelhammid Abaaoud ou les frères Abdeslam ont pu y trouver un terrain idéal pour préparer les attentats de Paris.

A 76 ans, Philippe Moureaux, ex-ministre de la Justice et figure du Parti socialiste francophone belge, ne se sent «absolument pas» responsable des attentats de Paris, qui ont fait 130 morts le 13 novembre. «Quand j'ai vu monter le radicalisme, j'ai essayé de le contrer. Ce n'était pas encore aussi violent qu'aujourd'hui (...) Je suis le premier maire à avoir interdit le voile intégral en Belgique», se défend Philippe Moureaux, souvent taxé de «laxisme» par ses adversaires politiques, dans un entretien à l'Agence France Presse, à l'occasion de la sortie vendredi de son livre intitulé La Vérité sur Molenbeek.

«Pour ceux qui connaissent un peu la commune, c'est tout sauf un trou à rats»

«Il y a eu une exacerbation du radicalisme à travers le phénomène syrien quand je n'étais plus à la tête de la commune», ajoute l'ancien bourgmestre (maire) qui a lâché les rênes de la commune populaire du nord de Bruxelles en 2012, après l'avoir dirigée pendant 20 ans. «L'immense majorité de la population, non seulement n'a aucun rapport avec ce noyau criminel (à l'origine des attentats), mais le condamne. Pour ceux qui connaissent un peu la commune, c'est tout sauf un trou à rats», assure Philippe Moureaux.

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La moitié de la population de Molenbeek, soit environ 50.000 personnes, «a une connotation arabo-musulmane non négligeable», relève-t-il. Mais «je m'y promenais jour et nuit, tout seul, sans difficulté», souligne l'ancien édile. «Ce qui est propre à Molenbeek, et c'est dramatique, c'est cette cellule, qui à un moment donné se constitue autour d'Abdelhamid Abaaoud [l'organisateur présumé des attentats du 13 novembre]. C'est lui qui a été véritablement le polarisateur, celui qui, à travers des potes, des copains, a constitué cette cellule qui a dramatiquement agi à Paris».

«Les services de police qui les avaient pourtant repérés n'ont rien pu faire».

Philippe Moureaux juge «extraordinaire» que les futurs auteurs des tueries aient pu passer entre les mailles du filet. «Il y avait une liste, où ils sont tous, qui avait été établie par la Sûreté de l'Etat. Ces gens ont fait des tas de choses, ont loué des appartements, ont circulé à travers la France... Et les services de police qui les avaient pourtant repérés n'ont rien pu faire».

Pour l'ex-élu socialiste, les difficultés économiques ne suffisent pas à expliquer la dérive de certains de ses anciens administrés. «Abaaoud, qui est plutôt un enfant d'une famille moyennement aisée, va partir [en Syrie] et il va alors se comporter d'une façon particulièrement violente. Beaucoup ont vu ces images atroces où il traîne des cadavres», rappelle Philippe Moureaux, qui habite toujours la commune. «C'est l'amalgame entre délinquance classique et goût de la violence» qui fait le terreau de ceux qui deviendront des djihadistes, analyse-t-il.