Attentats de novembre: La secrétaire d'Etat Juliette Méadel attendue au tournant par les victimes

DROITS La nouvelle secrétaire d’Etat chargée de l’aide aux victimes a déjà rencontré les victimes de l’attentat du Bataclan…

Vincent Vantighem

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Juliette Méadel, la nouvelle secretaire d'Etat aux victimes, le 18 février 2016.
Juliette Méadel, la nouvelle secretaire d'Etat aux victimes, le 18 février 2016. — VILLARD/SIPA

« Cela a duré une bonne heure. C’était très bien que l’on se voit. Maintenant, il faut passer au concret… » Président de l’association « 13 novembre : fraternité et vérité », Georges Salines, dont la fille Lola est morte au Bataclan, ne cache pas qu’il attend beaucoup de Juliette Méadel, la nouvelle secrétaire d’Etat chargée de l’aide aux victimes, qu’il a pu rencontrer mardi en marge du concert à l’Olympia des Eagles of Death Metal.

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Désormais installée rue de Grenelle (Paris, 7e), l’ancienne porte-parole du Parti socialiste a bien conscience de la tâche qui l’attend. Elle a accordé, ce jeudi, une première interview à 20 Minutes qui dresse les contours de sa mission alors que sa feuille de route officielle doit être publiée dans les prochains jours. « La compassion est nécessaire, y indique-t-elle. Mais aujourd’hui, nous sommes dans le temps de l’action. »

La plus belle preuve est sans doute qu’elle annonce son objectif de régler, « d’ici à l’automne », tous les cas problématiques des 4.000 victimes directes ou indirectes des attentats de novembre dernier.

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Elle n’exclut pas de réformer le régime d’indemnisation

Et il y en a. « Nous avons encore rencontré récemment des personnes qui n’ont été enregistrées sur aucune liste alors qu’elles sont vraiment à considérer comme victimes… » Et puis il y a les frais d’avocats que toutes ces personnes souhaitent solliciter pour avoir accès au dossier. « Nous aimerions que ces frais soient pris en charge par le fonds de garantie des victimes », poursuit Georges Salines.


Il est encore trop tôt pour savoir ce qu’il en sera. Mais, Juliette Méadel n’exclut pas de réformer le régime d’indemnisation des victimes afin d’apporter une « réponse plus humaine, plus rapide et plus adaptée » aux demandes.

Une ministre de l’empathie ?

« Il faut surtout qu’elle ne soit pas une ministre de l’empathie dont le rôle se limite à recevoir les familles des victimes et à les écouter, indique, de son côté, Stéphane Gicquel, secrétaire général de la Fédération nationale des victimes d’accidents collectifs. La seule question, c’est de savoir si elle pourra s’opposer aux ministères régaliens (Santé, Intérieur, Justice, Affaires étrangères) avec qui elle va devoir composer… »

A ce sujet, Juliette Méadel sait bien qu’elle dispose d’un sacré atout dans sa manche : Manuel Valls. « Je dépends du Premier ministre. Et lui a autorité sur tous les ministères », répond-elle.

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