Polémique sur la réforme de l'orthographe: La faute de la droite, selon Najat Vallaud-Belkacem

POLEMIQUE D’anciens ministres de droite auraient « sciemment induit les médias et l’opinion publique en erreur », explique-t-elle dans une tribune publiée par «Le Monde»…

20 Minutes avec AFP

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La ministre de l'Education Najat Vallaud-Belkacem le 10 février 2016
La ministre de l'Education Najat Vallaud-Belkacem le 10 février 2016 — REVELLI-BEAUMONT/SIPA

Pour la ministre de l’Education Najat Vallaud-Belkacem, l’origine de la « polémique absurde » sur la réforme de l’orthographe est toute trouvée. Dans une tribune parue ce jeudi dans Le Monde, la ministre accuse directement plusieurs anciens ministres de droite.

Cette « polémique qui n’existe pas » a pourtant bel et bien pris de l’ampleur il y a deux semaines après un reportage de TF1, affirmant que la réforme adoptée par l’Académie française en 1990 serait appliquée à partir de la rentrée dans les nouveaux manuels scolaires.

Fillon, Chatel, Bayrou et Wauquiez responsables

En fait, les rectifications orthographiques, facultatives, proposées par le Conseil supérieur de la langue française en 1990 avaient déjà été citées comme référence par les programmes de 2008 sous la droite, comme ils le sont dans les nouveaux programmes. Certains éditeurs scolaires les appliquaient déjà pour le primaire depuis plusieurs années, d’autres ont décidé de les généraliser.

Les anciens ministres de l’Education nationale ou de l’Enseignement supérieur, François Fillon, Luc Chatel, François Bayrou ou Laurent Wauquiez ont « sciemment induit en erreur les médias et l’opinion publique en assimilant cette réforme imaginaire à la réforme, bien réelle », qui concerne « le collège et, plus largement, toute l’école de la République », déplore l’actuelle ministre dans sa tribune.

« N’avez-vous rien de mieux à dire au pays ? »

Ces hommes politiques « ont trahi ces exigences élémentaires du débat public dans une démocratie », alors même qu'« ils portent, avec quelques autres, une très lourde responsabilité dans les difficultés que traverse l’école aujourd’hui », estime Najat Vallaud-Belkacem, les accusant d’avoir saccagé l’école « avec un acharnement consternant durant plus d’une décennie ».

« Vous qui, entre 2002 et 2012, avez choisi de démolir les dispositifs d’aide aux élèves les plus fragiles, de ne plus recruter d’enseignants y compris de lettres classiques ou d’allemand, de ne plus former les professeurs (…) n’avez-vous rien de mieux à dire au pays que votre soudaine et opportune indignation contre une évolution orthographique décidée il y a plus de vingt-cinq ans, sans jamais l’avoir contestée lorsque vous étiez aux responsabilités ? De qui vous moquez-vous ? », ajoute-t-elle.

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La ministre de l’Education avait déjà répondu cette semaine au secrétaire perpétuel de l’Académie française, Hélène Carrère d’Encausse, qui affirmait que l’Académie n’avait eu aucune part dans ces rectifications. Dans une lettre, Najat Vallaud-Belkacem lui a fait part de son « étonnement » et rappelé que les Immortels avaient largement approuvé ces modifications en 1990, et qu'elle les avait même intégrées dans son dictionnaire.